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Disney défend son film "Mulan" après la polémique liée à la répression contre les Ouïghours

Mulan

Mulan - Disney

Une partie des images du film ont été tournées dans la région du Xinjiang, accusée de répression massive contre la minorité musulmane. Après une polémique retentissante, Disney s'exprime.

Disney prend la parole. La société américaine défend sa décision d'avoir tourné certaines images du film Mulan dans la région chinoise du Xinjiang, malgré le fait qu'elle soit accusée de répression massive contre la minorité musulmane, notamment ouïghoure.

La polémique a éclaté lors de la mise en ligne du film sur la plateforme Disney+, en septembre dernier. De nombreux internautes ont repéré des remerciements de Disney adressés aux autorités de cette région chinoise. Un appel au boycott s'était organisé sur les réseaux sociaux, et plusieurs membres de la classe politique américaine avaient pris part au mouvement.

"Pas d'influence des autorités chinoises"

Un mois plus tard, le président de la production filmique chez Disney, Sean Bailey, réagit dans un courrier adressé à Iain Duncan Smith, membre du parti conservateur britannique. Ce dernier lui avait écrit à ce sujet, et dévoile la réponse sur Twitter:

"La décision de filmer dans chacune de ces localités a été faite par les producteurs du film avec l'authenticité comme objectif, et n'a jamais été influencée par les autorités chinoises, nationales ou locales", écrit-il. "Certaines règles doivent être suivies par toutes les sociétés de production étrangères qui souhaitent travailler en Chine. Ces sociétés n'ont pas le droit de travailler de manière indépendante et doivent collaborer avec une société de production chinoise." Et d'ajouter que ces remerciements ne résultent que de pratiques habituelles dans l'industrie du cinéma.

Il explique également que l'entreprise Beijing Shadow Times a commencé à chercher des localités pour Disney en 2017: "À cette époque, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis n'avaient mis les sociétés en garde de risques éventuels, ni mis en place de règles à suivre spécifiques à la région."

Il rappelle également que l'essentiel du tournage a eu lieu en Nouvelle-Zélande: "Le tournage dans le décor désertique n'a duré que quatre jours, comparé aux 143 jours de tournage en Nouvelle-Zélande, ce qui ne correspond qu'à 78 secondes sur les 1h55 du film." Enfin, il conlclut: "J'espère que cette clarification offrira à la question la perspective approriée."

Plus d'un million de musulmans seraient détenus

Cette réponse n'a pas convaincu Iain Duncan Smith: "La réalité, c'est que Disney ne veut tout simplement pas offenser la Chine, a cédé aux exigences de la Chine et ne compte pas lui tenir tête", condamne-t-il sur Twitter. "Visiblement, les droits de l'homme passent après la politique de l'entreprise de ne pas offenser la Chine."

Plus d'un million de musulmans seraient détenus dans le Xinjiang. En 2018, Pékin avait évoqué des "centres de formation professionnelle" pour lutter contre la radicalisation. L'année suivante, des documents obtenus par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) ont rendu compte des règlements draconiens qui régiraient ces sites de détention.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait alors évoqué les "camps d'internement pour les Ouïghours, des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel ouïghour et en particulier des lieux de culte, la surveillance de la population et plus globalement tout le système répressif mis en place dans cette région." Emmanuel Macron a lui aussi condamné les "détentions dans des camps au Xinjiang", dans un courrier adressé à l'ancien macroniste Aurélien Taché.

https://twitter.com/b_pierret Benjamin Pierret Journaliste culture et people BFMTV