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Des films pour mobile, par des mobiles, un nouvel Eldorado?

Avec plus d'un milliard d'utilisateurs, les smartphones sont peut-être les outils et les réceptacles des films de demain. (Photo d'illustration)

Avec plus d'un milliard d'utilisateurs, les smartphones sont peut-être les outils et les réceptacles des films de demain. (Photo d'illustration) - -

Le producteur américain Neal Edelstein s’est lancé dans la réalisation avec la création d’un long-métrage conçu comme une application pour tablettes et smartphones. Avec le boom de la technologie mobile, les films réalisés par un téléphone et pour les téléphones tendent à sortir de la marginalité.

Le producteur américain Neal Edelstein a endossé la casquette de réalisateur pour un long-métrage conçu comme une application pour tablettes et smartphones. Haunting Melissa est un film d’horreur prévu pour être visualisé sur très petit écran. Un projet dans la vague des films réalisés avec des téléphones, et pour des téléphones, qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Le film de Neal Edelstein (producteur entre autre de Mullholland Drive de David Lynch et de The Ring) est découpé en 11 chapitres que le spectateur-utilisateur peut déverrouiller à mesure qu’il les regarde.

"Je voulais trouver d'autres façons de raconter une histoire, dans sa structure et dans la façon de toucher le public, d'une manière qui utilise vraiment la technologie contenue dans ces appareils si puissants", explique le réalisateur.

Populariser la création filmographique

Plus besoin de faire de grandes études de cinéma ou de casser son PEL pour acheter une caméra dernier cri et tourner des vidéos. La fonction "film" des téléphones et des appareils photos permet de tourner des images dont la qualité est plus qu’honorable. En 2010, Quentin Duprieux a tourné Rubber,entièrement avec un appareil photo. Si lui l’a fait, pourquoi pas d’autres?

C’est la question que c’est posée l’association niortaise "hORS cHAMPS" qui a fondé en 2009 le festival TAKAVOIR. Le but: encourager la création filmique grâce à un appareil largement diffusé, le téléphone portable. Les réalisateurs du dimanche doivent tourner un film, sans limite de durée ou de genre, avec un téléphone portable ou un appareil photo de poche.

Dans la même veine mais à plus grand échelle, le Mobile Film Festival a été le premier à mettre en place un événement et une compétition autour de courts-métrages exclusivement réalisés avec des téléphones portables. Créé en 2005, il connaît un grand succès avec plusieurs dizaines de milliers de spectateurs chaque année.

Toutes ces initiatives ont en commun la volonté d’encourager la création en donnant la possibilité à tout le monde de se transformer en réalisateur le temps d’un court-métrage, mais aussi de populariser l’art du cinéma grâce à un outil du quotidien.

Réalisateur, opérateurs, tout le monde y trouve son compte

Le potentiel marketing des films "mobiles" n’a pas échappé à certains réalisateurs ni aux opérateurs de téléphonie.

En 2011, le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook s’est lancé dans le tournage d’un court-métrage de 30 minutes, Paranmanjang, entièrement filmé avec un iPhone 4. Le réalisateur du film Old Boy, grand prix du jury à Cannes en 2004, a ainsi offert une belle publicité à Apple et à KT, l’opérateur distribuant en exclusivité l’Iphone 4 en Corée. L’entreprise a financé une partie des cent mille euros du budget du film.

La sphère du film "mobile" a pris tellement d’ampleur, qu’aujourd’hui, deux camps s’opposent entre les partisans des films tournés avec un mobile et ceux qui défendent des films pensés pour le téléphone.

Dans les deux cas, la visée marketing du film fait par des mobile ou pour des mobiles ne fait pas un doute: filmer avec un téléphone revient moins cher, filmer pour des téléphones peut rapporter beaucoup d'argent en visant un très large public: aujourd'hui, ils sont plus d'un milliard à utiliser un smartphone dans le monde.

Alizée Golfier