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César: Eric Métayer juge "inadmissible" la présence de Roman Polanski au conseil d'administration

Le cinéaste Roman Polanski lors de l'avant-première du film "J'accuse", le 4 novembre 2019 à Paris

Le cinéaste Roman Polanski lors de l'avant-première du film "J'accuse", le 4 novembre 2019 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Deux jours après la désignation du conseil d'administration de l'association des César, dont fait partie Roman Polanski, le comédien Eric Métayer réagit à la polémique sur BFMTV.

"C'est un peu comme si on m'invitait pour déjeuner, et je me retrouve avec quelqu'un que je n'ai pas envie de voir". Eric Métayer, a réagi ce mercredi sur BFMTV à la présence de Roman Polanski parmi les membres du conseil d'administration de l'association des César. "On a été pris de cours", a lancé le comédien, expliquant avoir découvert le nom de Roman Polanski, en même temps que la liste.

Le nom de l'auteur du film J'accuse, récompensé aux César en février dernier, a ressurgi ce mardi, alors qu'a été dévoilée la liste des membres du conseil d'administration de l'association des César. Roman Polanski y figure, aux côtés de 181 autres représentants des professions du cinéma. Sur ces 182 acteurs, producteurs, maquilleurs, techniciens, agents, etc., 164 ont été élus. Et 18 "membres historiques" complètent cette liste.

Et si pour la présidente par intérim, la productrice Margaret Menegoz, la présence de Roman Polanski, en tant que "membre historique", relève "simplement" d'une application "des statuts actuels", quelques rares voix, comme celle du comédien Eric Métayer, qui figure parmi les nouveaux représentants élus de l'assemblée générale, s'élèvent pour protester.

"Il y a eu toute cette histoire d'opacité au sein de César, une révolution a eu lieu, et on est tout contents, mais on se retrouve avec des gens qui nous remettent la royauté, donc c'est un peu compliqué", souligne Eric Métayer. L'acteur a été césarisé en février dernier avec Andréa Bescond, pour leur adaptation du récit autobiographique de la réalisatrice dans Les Chatouilles.

"Je ne veux pas juger Monsieur Polanksi, assure-t-il. Simplement, je viens de m'apercevoir que Monsieur Polanski, parce qu'il en a fait la demande - ce qui est quand même assez cynique, vu ce qui s'était passé - membre de droit, il n'est même pas élu, se retrouve dans l'association."

Il ajoute: "Il aurait été élu, par choix personnel, je serais parti. Mais il n'est pas élu. Il a envoyé une lettre, simplement, en disant 'moi j'ai envie de rester'. Je trouve ça inadmissible. S'il est élu, je me plie, c'est la démocratie, je peux faire comme Adèle Haenel, je sors parce que ça me déplaît. Mais là ce n'est pas le cas".

"Un grand nombre de membres" préparent "une lettre" "pour demander le changement des statuts" et "une assemblée générale extraordinaire pour pouvoir faire quelque chose", indique également le comédien.

Le cas de Roman Polanski n'est pas le seul à poser problème. Le producteur Thomas Langmann, condamné en 2019 pour harcèlement envers sa femme, ainsi que celui Alain Terzian, critiqué par les frondeurs pour sa gestion de l'ancienne Académie des Césars, sont ainsi tous deux membres - à leur demande - de la nouvelle assemblée générale en tant que membrse historiques.

Rarement absent avait fait autant parler de lui. Le 29 février dernier, la polémique Polanski s'était invitée aux César, monopolisant l'attention ce soir-là. S'il avait renoncé à venir, le cinéaste, ciblé par de nouvelles accusations de viol, était présent dans tous les esprits, sur scène et dans la salle Pleyel.

Magali Rangin