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Anna Karenine, Proposition indécente, Neuf semaines et demi... Ces films qu'Isabelle Adjani a refusés

Isabelle Adjani lors de la cérémonie des Césars 2010

Isabelle Adjani lors de la cérémonie des Césars 2010 - Bertrand Guay - AFP

Rare au cinéma, Isabelle Adjani sera pourtant bientôt à l'affiche de Carole Matthieu. Mais son absence sur écran grand est avant tout un choix pour l'actrice française qui a profité d'un entretien pour révéler les films qu'elle a déclinés tout au long de sa carrière.

La gifle, L'été meurtrier, Subway, La Reine Margot... Dans la filmographie d'Isabelle Adjani, les classiques sont nombreux. L'actrice de 61 ans a toujours mené sa carrière comme elle l'entendait, choisissant ses films avec précaution et soignant ses apparitions. Sa rareté sur les écrans, la comédienne ne la subit pas, mais au contraire, la choisit. Dans un entretien à L'Express, celle qui sera à l'affiche de Carole Matthieu le 7 décembre prochain est notamment revenue sur les propositions qu'elle a déclinées au cours de sa carrière. Avec conviction et (presque) toujours sans regret.

L'actrice française se souvient notamment d'un article s'étonnant de ne pas l'avoir encore vu incarner Anna Karenine au cinéma. Isabelle Adjani rêvait pourtant bien de jouer cette célèbre héroïne sur grand écran. Mais pas à n'importe quelle condition.

"Je n'aurais peut-être pas dû laisser filer ce rôle..."

"J'avais lu une adaptation sublime du roman de Tolstoï signée Cynthia Cidre, et envisagée par un studio hollywoodien, pour le réalisateur George Miller, se souvient-elle. C'aurait été le film. Et puis plouf! Le projet a été rangé dans un tiroir. Là-dessus, le réalisateur Bernard Rose, qui préparait une adaptation pour Warner, m'a proposé sa version. Tellement loin de mon rêve! Je l'ai refusée de tout mon être, par amour pour Anna! Ce n'est donc pas le rôle qui m'a échappé, c'est moi qui m'en suis échappée."

Le réalisateur Adrian Lyne fait également partie des réalisateur ayant régulièrement sollicité Isabelle Adjani. Mais si l'actrice avoue avoir refusé sans hésiter de jouer dans Neuf semaines et demie et Proposition indécente (le rôle a finalement été confié à Demi Moore), la comédienne française révèle nourrir aujourd'hui quelques regrets sur un autre film du cinéaste britannique: Liaison fatale, "un de ceux que je n'aurais peut-être pas dû laisser filer", assure-t-elle. "Je trouvais très mauvais le script, raconte-elle. J'ai réalisé après coup que j'étais passée à côté d'un rôle marquant, repris à merveille par Glenn Close".

Le danger de certains rôles

A nos confrères, Isabelle Adjani explique également que les acteurs refusent parfois certains rôles pour se protéger. "Quand je vivais avec Daniel-Day Lewis, je l'ai vu refuser certains rôles dévorants. Par exemple, il n'a pas voulu du personnage interprété par Tom Hanks dans Philadelphia, parce qu'il ne se sentait pas en état, à ce moment-là, de s'investir dans un rôle qui l'aurait peut-être consumé."

"Jouer, c'est déchaîner les enfers, pour tout grand artiste, justifie-t-elle. C'est sûrement complexe à comprendre pour ceux qui attendent, sans en saisir les risques, que l'actrice ou l'acteur se livre dans sa sensibilité, encore et encore, jusqu'à épuisement". "A trop donner, certains s'effondrent et basculent", déplore la comédienne, évoquant notamment les destins tragiques des regrettés Philip Seymour Hoffman, Heath Ledger ou Robin Williams. 

Fabien Morin