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Val-d’Oise: les habitants du village de Belloy-en-France s'opposent à la création d'une prison

18 hectares de la commune, dont 12 cultivables, pourraient bientôt être réservés à la construction d’une prison. Les Belloisiens s’organisent dans l’espoir d’obtenir l’abandon du chantier de la maison d'arrêt.

C'est un petit village paisible qui entre en résistance. Les 2200 habitants de Belloy-en-France accueillent mal la création d’une maison d’arrêt de 700 places, censée voir le jour d’ici 2024 dans cette commune du Val-d'Oise. Certains envisagent même de plier bagage. "Il y a des gens qui ont dit 'si la prison arrive il faut qu'on parte'", explique une riveraine à BFM Paris.

"On est tranquille on est à la campagne, on a pas envie de voir une prison près de chez nous. Dans les chambres, on aurra vu sur la prison. Plus le bruit que ça peut faire le soir" regrette une habitante.

Un collectif citoyen est né il y a un mois pour lutter contre cette installation. Pour ses membres, cette prison, dont l'installation est prévue à quelques centaines de mètres de l’école ou des habitations, symbolise la fin de la tranquillité. "On ouvre nos fenêtres, on a les champs et donc là on aura une maison d'arrêt", dénonce Philippe Baron, habitant de Belloy et membre du collectif "Belloy sans prison".

"Conserver la partie rurale"

La mairie de Belloy-en-France soutient ces habitants et fustige une initiative incompatible avec le cadre du village.

"Ce que les gens vont vouloir conserver c'est toute la partie rurale, campagne, champs et toutes ces choses-là", juge Thibault Sainte-Beuve, maire adjoint. "Là on va mettre quand même un gros bloc de 18 hectares, c'est énorme, c'est 20% de la surface habitable de Belloy."

Le verdict du ministère de la Justice est attendu dans le courant du mois d’avril.

Célia Giusfredi, Benjamin Cunéo et Alicia Foricher