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Saint-Denis: un nouveau campement de migrants installé sous l'A1

Environ 800 migrants vivent dans ce campement de fortune installé sous l'autoroute A1. Fin août, la mairie de Saint-Denis les a mis en demeure de quitter les lieux.

"Ici, c'est ma maison", raconte Amal, réfugié Afghan, à BFM Paris en désignant l'immense camp de migrants qui s'est formé depuis plusieurs semaines à Saint-Denis, juste au-dessous de l'autoroute A1.

Près de 800 personnes, en grande majorité originaires d'Afghanistan et arrivées récemment en France, vivent dans ce campement de fortune non loin du Stade de France. Un entassement de tente et de bâches créé dans le sillage des évacuations successives de camps du nord-est parisien.

"C'est un endroit sale, ce n'est pas une vie"

Amal vit depuis maintenant un mois dans ce campement très précaire, où deux personnes partagent une tente, où il n'y a qu'un seul point d'eau pour 800 migrants et aucun sanitaire.

"C'est un endroit sale, c'est très dur ici. Ce n'est pas une vie", explique Amal à BFM Paris.

"À Paris et à Saint-Denis, j'ai demandé asile et j'ai laissé mes empreintes", poursuit le migrant. "Mais personne n'a répondu à mes appels".

Malgré des conditions de vie très compliquées, le camp de Saint-Denis grossit de manière exponentielle. La semaine dernière, pas moins de 200 migrants ont rejoint ce campement de fortune aux portes de Paris. Parmi eux, Ali, réfugié Afghan.

"Ici, il fait si froid le matin, témoigne-t-il. Nous n'avons rien pour nous protéger, pas même de couverture. Le gouvernement nous ignore."

"Une volonté de les chasser de plus en plus loin"

Une situation qui inquiète les associations qui aident ces migrants au quotidien. À leurs yeux, on cherche à les éloigner un maximum de la capitale.

"Il y a une volonté complète de la Ville de Paris de les chasser de plus en plus loin, estime Jean-Jacques Clément, bénévole au sein du collectif Solidarité migrants Wilson. On est à plus de la soixante évacuations et 500 interventions policières", dénonce-t-il.

Le bénévole pointe également du doigt "l'arrêté infâme du maire de Saint-Denis, qui considère pratiquement ces gens comme des déchets humain". En date du 27 août dernier, l'arrêté en question mettait en demeure les migrants de quitter les lieux sous 48 heures, avec une mise à l'abri.

"Impossible d'acceuillir ces personnes", selon la mairie

Du côté de la mairie de Saint-Denis, les élus se défendent en expliquant que le démantèlement du campement est une nécessité.

"Avec les difficultés qu'on a à prendre en charge des familles, des enfants, ce n'est pas un manque d'humanisme ni de volontarisme, c'est vraiment une impossibilité de pouvoir accueillir ces personnes", explique Cathy Bontinck, première adjointe au maire de Saint-Denis.

L'élue ajoute que "beaucoup d'autres villes de l'ouest et du sud parisien devraient aussi pouvoir prendre part à cette réflexion", faisant référence au fait que les camps de migrants sont très souvent installés dans le nord-est de Paris.

Pour l'heure et malgré l'arrêté pris par la mairie, aucune évacuation n'a pour l'instant eu lieu sous l'A1.

William Helle et Ariane Limozin avec Juliette Mitoyen