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Dix interpellations après une quatrième nuit de violences à Sevran, Aulnay et Tremblay

Tensions à Sevran dans  la nuit du 28 mars 2022

Tensions à Sevran dans la nuit du 28 mars 2022 - BFMTV

Des violences ont à nouveau éclaté, cette nuit, à Sevran, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, après la mort d'un habitant tué par un policier, samedi. Dix personnes ont été interpellées pour violences volontaires et dégradations.

Dix personnes ont été interpellées cette nuit, de mardi à mercredi à Sevran, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), quatrième épisode de violences urbaines consécutives à la mort d'un habitant tué par un tir policier, samedi.

Un important dispositif de sécurité a été de nouveau déployé dans ces trois villes au nord-est de Paris, où les échauffourées se sont multipliées toute la nuit.

14 véhicules incendiés

Dix personnes ont été interpellées pour "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations", "violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "dégradations volontaires par incendie", a indiqué une source policière.

Au total, 14 véhicules ont été incendiés, ainsi qu'une quinzaine de poubelles, et un véhicule de la police municipale a été dégradé par des projectiles, a dénombré la même source. Un départ de feu a également visé un gymnase à Aulnay-sous-Bois et aucune personne n'a été blessée, selon la même source.

Depuis le début des heurts, onze personnes dont deux mineurs ont été présentées à un juge, trois écrouées en attente de leur procès et de nombreuses gardes à vue étaient en cours, selon un bilan du parquet de Bobigny mardi soir.

La tension reste vive dans les trois communes ébranlées par la mort, samedi de Jean-Paul dit "JP", un habitant du quartier des Beaudottes à Sevran, au volant d'une fourgonnette déclarée volée.

Le chauffeur est mort à l'hôpital

Lors d'un contrôle du véhicule à Aulnay-sous-Bois vers 12h30, "un policier s'est porté à la hauteur de la vitre du conducteur et, dans des circonstances qui restent à déterminer, a fait usage de son arme - un seul coup de feu - au moment où la camionnette redémarrait brusquement", a retracé Éric Mathais, le procureur de Bobigny.

Grièvement blessé à l'omoplate gauche, le chauffeur est mort en fin d'après-midi à l'hôpital. L'autopsie a confirmé que le tir était à l'origine du décès, a indiqué mardi le procureur de la République.

L'IGPN saisie de l'enquête

Selon les récits des habitants, "JP" était un chauffeur livreur indépendant qui travaillait pour un prestataire d'une plateforme de livraison de colis. Il avait subtilisé la camionnette en raison d'un litige financier entre eux.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de l'enquête. Le policier, âgé de 32 ans et hospitalisé "en état de choc", doit être entendu dès que son état le permettra, a indiqué le parquet.

Par P.B. avec AFP