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Cantine fermée, saleté... Élèves et professeurs d'un lycée parisien dénoncent le manque d'entretien

Avec seulement quatre personnels d'entretien, l'établissement a été contraint de fermer son self et ne peut plus assurer un nettoyage complet de ses salles de classe.

Des poubelles qui ne sont pas vidées, des détritus qui jonchent le sol et des tables de classe pas nettoyées: pour les élèves et les professeurs du collège-lycée Jules Ferry, dans le 9e arrondissement de Paris, le début d'année scolaire est compliqué. Mais également pour les agents d'entretien de l'établissement, qui ne sont aujourd'hui que quatre pour s'occuper du ménage et de la maintenance des 10.000 mètres carrés foulés tous les jours par plus de 1300 élèves.

Depuis trois ans l'établissement est en effet passé de 21 à 11 personnels d'entretien. Épuisés face à la charge de travail, sept personnes étaient en arrêt maladie ces derniers jours. En conséquence, Jules-Ferry ne peut pas être nettoyé correctement. Une situation dénoncée par les élèves comme les professeurs en cette période de crise sanitaire.

"Il a certaines salles qui sont vraiment immondes (...) On étudie dans des conditions pas possibles", déplore Samy, élève en Terminale. "Si on continue à ne pas pouvoir désinfecter les salles, le lycée va devenir un cluster. Dans ma classe, il y a déjà des suspicions de Covid", ajoute Liam, en troisième.

"Mardi matin, je suis arrivé pour mon cours avec les 3e, la salle n'avait pas été aérée ni balayée depuis dix jours", constate quant à lui Charles Turnani, professeur d'Italien au lycée et élu SNES au conseil d'administration.

"Des taboulés à 99 centimes" en guise de repas

Autre conséquence de ce manque d'agents d'entretien: le service de restauration scolaire, fréquenté par des élèves du collège à la classe préparatoire, ne peut plus être assuré. Les 1200 pensionnaires qui déjeunent logiquement chaque jour à Jules-Ferry sont depuis deux semaines contraints de manger à l'extérieur à leurs frais, tout en continuant de payer la cantine.

"J'ai beaucoup d'amis qui soit peuvent manger en portion très réduites ou qui ne mangent pas", explique Liam.

"Et même quand on mange, c'est au G20, des taboulés à 99 centimes ou des trucs comme ça", ajoute Léa, en troisième.

Parents et professeurs mobilisés

Face à la gravité de la situation, les professeurs de Jules-Ferry ont décidé de se mobiliser. Depuis la semaine dernière, les enseignants ont ainsi décidé de débrayer une heure par jour, notamment pour donner plus de temps aux élèves pour manger le midi.

Les parents d'élèves ont eux aussi fait part de leur mécontentement. Comme Valérie, mère d'une lycéenne de Terminale, ils demandent aujourd'hui à la région l'arrivée de nouveaux personnels d'entretien en urgence.

"Ce qu'on voudrait, c'est que très rapidement, il y ait une équipe qui vienne nettoyer l'établissement. Et on voudrait que ces personnes restent pour nettoyer en continu et appliquer le protocole, les gestes barrières", explique-t-elle. "Actuellement, les élèves ne sont pas dans des conditions sanitaires optimales."

Le manque d'entretien impacte également les cours des collégiens et des lycéens. L'établissement, d'ordinaire ouvert le samedi, a ainsi été contraint de rester portes closes le week-end dernier.

2 millions d'euros promis par la région

Interpellée à ce sujet, la région Ile-de-France a d'ores et déjà créé un fonds d'urgence de deux millions d'euros pour aider les lycées franciliens confrontés à un manque de personnel. Ce fonds devrait notamment permettre d'avoir recours à de l'intérim pour pallier rapidement le manque d'agents d'entretien.

Les parents d'élèves de Jules-Ferry restent cependant dans l'attente des mesures annoncées par la région. "On ne sait pas du tout quand ça va être débloqué, assure Valérie. Mais on a l'impression que ça risque de prendre du temps. Il faut en urgence ces personnels", assure-t-elle.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions