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Lyon: la concertation sur l'extension de la ZFE débute

Pendant cinq mois, les élus de la Métropole lyonnaise vont aller de commune en commune pour expliquer le projet de la zone à faible émission qui doit être étendue à l'agglomération d'ici 2026.

C'est l'un des gros dossiers de la Métropole de Lyon. La majorité écologiste met progressivement en place la nouvelle Zone à faible émission (ZFE). Déjà adoptée par 231 villes ou métropoles européennes, dont Lyon, elle vise à réduire la pollution de l'air, notamment engendrée par les véhicules diesels qui constituaient encore 35% du parc automobile français en 2020. L'idée de ces ZFE est d'interdire les véhicules les plus polluants dans un périmètre défini.

À la Métropole de Lyon, les écologistes souhaitent désormais étendre le périmètre de la ZFE, pour l'instant limité à Lyon, Villeurbanne et Caluire-et-Cuire. Les élus de la Métropole organisent ce lundi la première concertation publique avec les maires des 59 communes.

"L'objet de la concertation est de co-construire le périmètre premier puis le deuxième périmètre, ainsi que leur calendrier", expliquait ce lundi au micro de BFM Lyon Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la métropole de Lyon en charge des déplacements et de la logistique urbaine.

Jusqu'en février, ils iront de commune en commune pour tenter d'expliquer, et de rassurer. Mais les discussions s'annoncent mouvementées, entre les réticences qu'inspire cette mesure, et la fronde d'une quarantaine de maires de l'opposition contre le président de la Métropole de Lyon.

Une "brutalité sociale"?

"On va prendre cinq mois pour aller discuter dans toutes les communes de ces conditions-là et des dispositifs qu'on peut mettre en place", détaille Jean-Charles Kohlhaas, évoquant des aides qui pourraient être mises en place pour changer de véhicule.

"La ZFE qui consiste à dire à des salariés modestes: vous vous levez à 5h du matin pour nettoyer nos bureaux, mais on ne veut pas vous voir en ville car votre diesel ne remplit pas les critères environnementaux, je trouve cela d'une grande brutalité sociale", avait notamment pointé sur Twitter Cédric Van Styvendael, le maire socialiste de Villeurbanne.

"On a tout à fait conscience de cette problématique-là, l'objectif est de trouver des solutions pour chacun. Ceux qui seront obligés d'avoir un véhicule pour aller travailler avec des horaires décalés, soit on les accompagnera pour avoir un véhicule plus propre, soit on leur donnera des dérogations le temps que leur véhicule soit suffisamment vieux pour aller à la casse", promet Jean-Charles Kohlaas, ajoutant "qu'un tiers des habitants de la Métropole vont changer de véhicule" d'ici cinq ans du fait du renouvellement naturel.

La Métropole pourrait également "aider" les ménages souhaitant acquérir un nouveau véhicule propre, en marge d'autres aides déjà existantes à l'échelle du pays.

Objectif, fin du diesel

La ZFE concerne pour l'instant les poids-lourds et les utilitaires dans un périmètre limité à Lyon, Villeurbanne et Caluire-et-Cuire.

Le périmètre de la ZFE actuelle à Lyon.
Le périmètre de la ZFE actuelle à Lyon. © Métropole de Lyon

Dès 2022, elle sera étendue aux véhicules de particuliers. Concrètement, dans le même périmètre qu'aujourd'hui (Lyon, Villeurbanne et Caluire-et-Cuire), les véhicules de particuliers classés avec la vignette Crit'Air 5 ne pourront plus circuler.

"La pollution des véhicules routiers continue d'augmenter et il y a un polluant, le dioxyde d'azote, qui est majoritairement produit par les véhicules routiers dont les véhicules diesels à 95%. L'objectif est donc de réduire progressivement ces véhicules les plus polluants qui circulent dans la métropole", précise Jean-Charles Kohlaas.

Devrait suivre ensuite une interdiction des véhicules Crit'Air 4, 3 et 2. L'objectif à l'horizon 2040 est la sortie complète du diesel.

Louis Chahuneau