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En moins de 10 ans, la part du diesel dans les ventes de voitures a été divisée par trois

Image d'illustration - Depuis 2012, la part du diesel dans les ventes est passée de 72 à 25%, mais le parc automobile reste lui majoritairement diesel.

Image d'illustration - Depuis 2012, la part du diesel dans les ventes est passée de 72 à 25%, mais le parc automobile reste lui majoritairement diesel. - THOMAS SAMSON / AFP

Depuis le début de l'année, seule une voiture neuve sur quatre immatriculée en France roule au gazole. Les malus de plus en plus élevés sur les grosses cylindrées mais aussi le diesel-bashing ont poussé les automobilistes à opter pour l'hybride.

Le déclin du diesel vient de franchir une nouvelle étape. Depuis le début de l’année, les véhicules roulant uniquement au gazole représentent en effet à peine un quart des ventes dans le neuf. Alors que les modèles hydrides, eux, font une poussée spectaculaire. Sur les deux premiers mois de 2020, ils ne pesaient que 11% des ventes. Un an plus tard, c’est deux fois plus.

Entre temps, l’offre a, il est vrai, changé du tout au tout. Presque tous les constructeurs proposent désormais des modèles hybrides. Et les concessionnaires les mettent bien en avant.

Mais cette poussée spectaculaire tient aussi au fait que les modèles dotés de motorisation hybride rechargeable bénéficient à la fois du bonus écologique (2000 euros) et d’une double largesse fiscale. D’abord, leurs acquéreurs n’ont pas à payer le malus qu’ils se verraient imposer s’ils optaient pour une version équivalente diesel et surtout essence. Pour les grosses cylindrées, l’économie se compte en milliers d’euros. S’ajoute à cela, pour les entreprises, une taxe annuelle sur les voitures de sociétés significativement amoindrie. Au moment de changer la voiture de fonction d’un cadre, le calcul est vite fait.

Il ne reste plus grand-chose de la domination outrancière du diesel qui caractérisait le marché automobile français. Jusqu’en 2012, les trois-quarts des véhicules vendus en France roulaient au gazole. On est passé sous la moitié (48%) en 2017, puis à un tiers (35%) en 2020. Et 2021 devrait se terminer en dessous du quart, c’est-à-dire la part qu’avait le diesel au milieu des années 80, avant que les automobilistes français commencent à se ruer sur cette motorisation pour réduire leur budget carburant.

6 voitures sur 10 roulent encore au gazole

Ce déclin dans les ventes de neuf n’a cependant qu’un effet assez modeste sur le parc automobile français. Sur les 38,2 millions de voitures en circulation en France, la part du diesel atteignait l’an passé 59%. Rien de surprenant à cela. D’abord l’âge moyen des voitures ne cesse d’augmenter. Il est passé de huit ans et quatre mois en 2017 à dix ans et huit mois en 2020, avec dans certains départements ruraux une proportion non négligeable (jusqu’à 8%) de voitures dont la première immatriculation est antérieure à 1997.

Ensuite, les ventes de voitures de neuves restent relativement modestes comparée à la taille du parc automobile. Bon an mal an, elles représentent entre 4 et 6% des quelque 38 millions de voitures en circulation. Cela dit, comme les maires des grandes villes ont annoncé l’interdiction des voitures diesel dans leurs rues à partir de 2024 ou 2025, il est vraisemblable qu’une partie des urbains qui roulent encore au diesel soient contraints de vendre leurs voitures hors de France, dans des pays moins engagés dans la baisse de la pollution automobile. De quoi réduire plus rapidement la part du diesel dans le parc automobile français.

En 5 ans, la part du gazole dans les ventes de carburants n'a même pas baissé de 5%

Dans les stations-service, les ventes de gazole, elles, continuent à dominer. Car le déclin du diesel est encore plus lent à produire ses effets. En 2015, Sur 1000 litres vendus dans une station-service, 812 finissaient dans le réservoir d’un véhicule diesel. En 2019, on était passé à 776 litres.

Cette proportion a même légèrement remonté depuis le début de la pandémie. Car si les Français ont moins pris leur voiture, entraînant une baisse de 15% de la consommation globale de carburant en 2020, la plupart des gros rouleurs (livreurs, commerciaux, infirmiers en zone rurale…) ont continué à utiliser leur véhicule. Et comme nombre d’entre eux sont, pour l’heure, équipés de véhicules diesel, la part du gazole dans les ventes a légèrement remonté.

En janvier dernier, elle a encore progressé par rapport au mois précédent, atteignant 78%. Sauf à interdire la circulation des véhicules diesel sur tout le territoire, il faut donc s’attendre à ce que les pompes jaunes restent les plus utilisées pendant bien plus d’une décennie.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco