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Washington n'a pas de preuve qu'Islamabad savait pour Ben Laden

Un homme devant le portail d'entrée de la résidence d'Abbottabad, où vivait Oussama ben Laden. Les Etats-Unis ne disposent d'aucune preuve permettant d'affirmer que le gouvernement pakistanais savait que le chef d'Al Qaïda vivait non loin de la capitale I

Un homme devant le portail d'entrée de la résidence d'Abbottabad, où vivait Oussama ben Laden. Les Etats-Unis ne disposent d'aucune preuve permettant d'affirmer que le gouvernement pakistanais savait que le chef d'Al Qaïda vivait non loin de la capitale I - -

par Peter Cooney WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis n'ont aucune preuve permettant d'affirmer que le gouvernement pakistanais savait qu'Ousama...

par Peter Cooney

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis n'ont aucune preuve permettant d'affirmer que le gouvernement pakistanais savait qu'Ousama ben Laden vivait non loin de la capitale Islamabad avant que ce dernier ne soit tué la semaine dernière, a déclaré dimanche le conseiller à la sécurité nationale, Tom Donilon.

"Je peux vous dire franchement que je n'ai vu aucune preuve permettant d'affirmer que les dirigeants politiques, militaires ou des services de renseignements avaient connaissance (du lieu où se cachait) Ben Laden", a déclaré Tom Donilon lors de l'émission "Meet the Press" de la NBC.

La propriété du chef d'Al Qaïda, située dans la ville d'Abbottabad, à 56 km au nord de la capitale, doit "faire l'objet d'une enquête", a-t-il toutefois ajouté.

"Les Pakistanais ont fait savoir qu'ils allaient ouvrir une enquête", a dit Donilon. "C'est une question très importante au Pakistan en ce moment. Comment cela a-t-il pu se passer au Pakistan? Nous devons enquêter là-dessus. Nous devons travailler avec les Pakistanais."

Les autorités pakistanaises, a-t-il ajouté, doivent fournir aux autorités américaines les informations qu'elles ont recueillies dans la résidence où Ben Laden a été tué, et leur permettre de rencontrer ses trois veuves qui sont actuellement détenues au Pakistan.

Malgré les relations difficiles entre Washington et Islamabad, "nous travaillons en étroite collaboration avec le Pakistan dans le domaine du contre-terrorisme. Il y a eu plus de terroristes et d'extrémistes capturés ou tués au Pakistan que dans n'importe quel autre pays."

ISLAMABAD DÉMENT TOUTE COMPLICITÉ

Le Pakistan, très dépendant des milliards de dollars d'aide américaine, est sous pression pour expliquer comment Ben Laden a pu vivre aussi longtemps dans une ville de garnison si proche de la capitale sans être débusqué.

Ces interrogations renforcent les doutes quant aux relations que pourraient entretenir des membres des services secrets pakistanais, l'Inter-Services Intelligence (ISI) avec les extrémistes islamistes.

Le Pakistan dément vigoureusement toute complicité et indique avoir payé le prix fort pour avoir soutenu l'offensive américaine lancée après les attaques du 11 septembre 2001.

Selon des responsables de service de sécurité pakistanais, le chef d'Al Qaïda pourrait avoir vécu plus de sept ans au Pakistan avant d'être tué le 1er mai dernier par un commandant américain.

L'une des veuves de Ben Laden a déclaré aux enquêteurs qu'il avait passé environ deux ans et demi dans un village pakistanais avant de s'installer à Abbottabad.

Cette femme, Amal Ahmed Abdoulfattah, a affirmé que le chef d'Al Qaïda et ses proches avaient vécu cinq ans à Abbottabad.

Donilon a estimé dimanche que la mort d'Oussama ben Laden portait "un véritable coup" au réseau d'Al Qaïda.

"Avec les mesures que nous avons prises lors de l'assaut lancé contre la résidence au Pakistan et la mort d'Oussama ben Laden, ils sont encore plus fragilisés", a-t-il dit.

Washington a révélé samedi que le complexe dans lequel vivait Ouassama ben Laden abritait un "poste de commandement et de contrôle actif" des opérations d'Al Qaïda.

"Cela semble ridicule", a réagi dimanche un haut responsable des renseignements pakistanais. "Il ne semblait pas en train de diriger un réseau terroriste."

"Ce sont des conneries", a renchéri un haut responsable des services de sécurité pakistanais, interrogé sur le rôle actif joué par Ben Laden depuis sa propriété pakistanaise.

Avec Kamran Haider au Pakistan, Marine Pennetier pour le service français