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Visite polémique de Trump: le secrétaire à la Défense américain prend ses distances

Donald Trump entouré par le procureur général William Barr et le secrétaire à la Défense Mark Esper, en visite à l'église Saint-John, le 1er juin 2020.

Donald Trump entouré par le procureur général William Barr et le secrétaire à la Défense Mark Esper, en visite à l'église Saint-John, le 1er juin 2020. - BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Mark Esper, qui était présent au cours de la sortie, a assuré au cours d'une interview à NBC qu'il ignorait précisément le lieu où ils se rendaient ainsi que le projet de Donald Trump.

C'est une séquence qui a fait couler beaucoup d'encre: Donald Trump s'est rendu ce lundi, à pied, de la Maison-Blanche à l'église voisine Saint John, où il s'est fait photographier avec un bible à la main. Cet édifice emblématique de Washington avait été dégradé la veille en marge des manifestations contre les violences policières, qui se multiplient aux États-Unis depuis la mort de George Floyd le 25 mai, un Afro-Américain de 46 ans aux mains d'un policier blanc.

Un peu plus tôt dans la soirée, les abords de la résidence présidentielle, occupés par des manifestants pacifiques, avaient été dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes afin de permettre l'opération de communication de Donald Trump.

Au lendemain de la sortie polémique, Mark Esper, secrétaire à la Défense de Donald Trump, semble prendre du champ et se désolidariser de la démarche du milliardaire. Il faisait partie des membres du cabinet qui ont accompagné le président américain à "l'église des présidents".

"Je ne savais pas où j'allais"

Dans une interview accordée à NBC, le responsable américain indique qu'il n'avait pas été mis au courant en amont du projet de photo décrié de Donald Trump.

"Je pensais partir pour deux choses: voir les dégâts et parler aux troupes", a indiqué Mark Esper.

Le secrétaire à la Défense assure ainsi qu'il pensait se rendre non loin de l'église, où des toilettes avaient été vandalisées:

"Je ne savais pas où j'allais", a assuré le ministre. "Je voulais voir l'étendue des dégâts", a-t-il appuyé.

Un porte-parole du Pentagone a appuyé les dires d'Esper, indiquant à NBC que ce dernier savait que l'église était l'un des lieux où des dégradations étaient visibles, mais qu'il ignorait que le chef d'État utiliserait ce moment à des fins politiques.

Esper a précisé qu'il n'avait "aucune idée" du projet de dispersion des manifestants, ajoutant qu'il était impatient de s'adresser aux membres de la Garde nationale afin de les remercier pour leurs actions, se disant "très fier" de ce corps.

Condamnations tous azimuts

La sortie a été largement condamnée par des responsables religieux et des personnalités politiques.

"C'était traumatisant et profondément insultant dans le sens où quelque chose de sacré était détourné pour une posture politique", a dénoncé sur la radio publique NPR Mariann Budde, l'évêque épiscopalienne de Washington.

Même écho du côté de l'ancien vice-président américain et candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden, sur Twitter:

"Il utilise l'armée américaine contre les Américains. Il envoie du gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques et tire des balles en caoutchouc. Pour une photo", a tweeté l'ancien vice-président américain après cette visite surprise de Donald Trump.
Clarisse Martin