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Venezuela: Maduro rejette l'ultimatum européen demandant des élections

L'opposant Juan Guaido s'est autoproclamé président par interim du Venezuela le 23 janvier 2019 -

L'opposant Juan Guaido s'est autoproclamé président par interim du Venezuela le 23 janvier 2019 - - Federico PARRA / AFP

Plusieurs pays européens avaient demandé la tenue d'élections sous huit jours, faute de quoi elles reconnaîtraient Juan Guaido comme chef de l'Etat.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a rejeté l'ultimatum lancé par plusieurs pays européens lui donnant huit jours pour convoquer des élections, déclarant que son pays n'était "pas lié" à l'Europe, dans une interview à la chaîne CNN Turk diffusée ce dimanche.

"Ils devraient retirer cet ultimatum. Personne ne peut nous adresser d'ultimatum", a déclaré Maduro, dont les propos étaient traduits de l'espagnol en turc. Madrid, Paris, Berlin, Londres, Bruxelles et Lisbonne ont exigé samedi la convocation d'élections sous huit jours au Venezuela, faute de quoi ces capitales reconnaîtront le chef du Parlement et président autoproclamé Juan Guaido comme chef de l'Etat.

"Le Venezuela n'est pas lié à l'Europe"

"Le Venezuela n'est pas lié à l'Europe. C'est une complète impudence", a déclaré Maduro, qualifiant d'"erreur" l'initiative des pays européens. Juan Guaido s'est autoproclamé mercredi président par intérim du Venezuela, lors d'une grande manifestation d'opposition à Caracas. Peu après, les Etats-Unis, le Canada et plusieurs pays d'Amérique du sud, dont le Brésil et la Colombie, l'ont reconnu.

"Une tentative de coup d'Etat par Washington"

Dans son interview à CNN Turk, Nicolas Maduro a cependant accusé Guaido de "violer la Constitution", et il a accusé Washington de "tentative de coup" d'Etat. "Tout ce qui arrive est lié à l'Amérique. Ils nous attaquent et ils pensent que le Venezuela est leur jardin", a-t-il accusé. Affirmant qu'il surmonterait le défi lancé à son pouvoir, il s'est cependant dit "ouvert au dialogue".

Interrogé sur une éventuelle rencontre avec le président américain Donald Trump, Maduro a répondu: "Ce n'est pas impossible, mais ce n'est pas probable. J'ai envoyé beaucoup de messages à Donald Trump". Le président turc Recep Tayyip Erdogan est un soutien de Nicolas Maduro.

Cyrielle Cabot avec AFP