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Troisième journée de manifestations en Afghanistan

Manifestants chantant des slogans hostiles aux Etats-Unis à Kaboul. Les taliban ont appelé jeudi les Afghans à attaquer les forces étrangères en Afghanistan au troisième jour de manifestations pour dénoncer la profanation d'exemplaires du Coran sur la bas

Manifestants chantant des slogans hostiles aux Etats-Unis à Kaboul. Les taliban ont appelé jeudi les Afghans à attaquer les forces étrangères en Afghanistan au troisième jour de manifestations pour dénoncer la profanation d'exemplaires du Coran sur la bas - -

par Mirwais Harooni KABOUL (Reuters) - Les taliban ont appelé jeudi les Afghans à attaquer les forces étrangères en Afghanistan au troisième jour de...

par Mirwais Harooni

KABOUL (Reuters) - Les taliban ont appelé jeudi les Afghans à attaquer les forces étrangères en Afghanistan au troisième jour de manifestations pour dénoncer la profanation d'exemplaires du Coran sur la base aérienne américaine de Bagram.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes et régions du pays aux cris de "A mort l'Amérique", indiquent des journalistes de Reuters et des responsables afghans.

A Kaboul, des centaines de jeunes ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs en l'air pour disperser la foule.

"Notre peuple courageux doit cibler les bases militaires des forces occupantes, leurs convois militaires", a déclaré le porte-parole des taliban Zabihullah Muhajid dans un communiqué envoyé par email.

(Les Afghans) "doivent tuer (les Occidentaux), les frapper, les capturer pour leur passer l'envie d'oser à nouveau profaner le livre sacré", a-t-il ajouté.

D'importantes manifestations se sont tenues dans la province orientale de Laghman ainsi que dans la ville de Jalalabad dans l'est malgré un appel au calme lancé mercredi par le président Hamid Karzaï.

Des rassemblements ont également eu lieu dans les provinces relativement calmes de Badakhshan et Takhar, situées au nord près de la frontière avec le Tadjikistan, ainsi que dans la province voisine de Baghlan.

Des centaines d'étudiants de l'université de Jalalabad ont refusé tout accord stratégique avec les Etats-Unis avant le retrait prévu en 2014, affirmant qu'ils mèneront une "guerre sainte" si un tel accord était signé.

COLÈRE ET FRUSTRATION

Cette poussée de mécontentement complique les efforts de l'Alliance atlantique afin de parvenir à la conclusion d'un accord stratégique actuellement à l'étude avec le gouvernement afghan pour une réduction plus importante de ses effectifs avant la date butoir de fin 2014.

Dans le quartier de Khoshi dans la province de Logar, 500 manifestants ont dénoncé un tel pacte tandis que des centaines de protestataires ont défilé dans la province de Khost en chantant "Nous ne voulons pas d'Américains en Afghanistan".

Six personnes ont trouvé la mort en deux jours au cours de dizaines de manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs endroits d'Afghanistan.

Le gouvernement américain et le commandement des forces de l'Otan en Afghanistan avaient présenté des excuses après que des ouvriers agricoles avaient retrouvé les restes calcinés de corans en ramassant les poubelles de la base aérienne de Bagram, située à environ une heure de voiture au nord de Kaboul.

Pour Martine van Bijlert, spécialiste de l'Afghanistan, ces manifestations sont un mélange de colère religieuse, de frustration refoulée face à la situation économique et sécuritaire, et de volonté de semer le désordre de la part de certains groupes.

"Il y a différents types de colères. L'une provient de l'incompréhension éprouvée par de nombreux afghans que des erreurs de ce type puissent encore être commises après dix années d'efforts en Afghanistan", explique-t-elle.

"La seconde est qu'il y a une colère et une frustration rentrées à l'égard des forces armées internationales mais également à l'égard de la vie en général", ajoute-t-elle.

Jean-Stéphane Brosse et Pierre Sérisier pour le service français