BFMTV

Tour d’Europe de la crise

-

- - -

Tous les pays européens sont touchés par la crise financière qui déferle depuis les Etats-Unis. Prise de pouls en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne.

En Italie : l'artifice de la dévaluation ne joue plus

Alberto Toscano, correspondant en France de l'hebdomadaire Panorama (Italie) : « En Italie il y a une loi, qui existait d'ailleurs avant cette crise, comme quoi les dépôts bancaires des citoyens sont garantis à hauteur de 100 000 euros. Le gouvernement essaye de convaincre l'opinion publique qu'il n'y a pas de crainte. Ceci dit, on commence à percevoir une atmosphère assez négative, car l'économie réelle italienne est en difficulté depuis plusieurs années. L'Italie est un pays habitué à gagner de la compétitivité grâce à la dévaluation de la monnaie. Elle l'a fait pendant 50 ans, mais aujourd'hui avec l'Euro, l'Italie doit reconvertir son économie réelle dans un système où c'est la compétitivité réelle qui compte et pas cet artifice de la dévaluation monétaire ».

En Espagne : le manque d'Europe se fait sentir

Octavi Marty, correspondant d'El Pais (Espagne) à Paris : « On a créé un fonds pour garantir la liquidité des banques, entre 30 et 50 milliards d'euros, et on garantit aussi les dépôts des particuliers. Il est évident que l'on manque d'Europe dans cette crise, mais ce n'est pas une nouveauté. Les citoyens ont le sentiment que ça fait pas mal d'années qu'on est gouvernés par des gens qui ne sont pas très compétents, qui n'arrêtent pas de raconter des choses et qui finalement ne contrôlent rien du tout. C'est comme si l'économie mondiale était gouvernée par un croupier de Las Vegas ».

En Allemagne : les réformes sont derrière

Mickaela Wiegel, correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeintung (Allemagne) : « Pour l'instant en Allemagne, c'est le grand calme, renforcé par la promesse d'Angela Merkel que toute l'épargne est protégée. Une garantie d'Etat qui vient juste après que l'Irlande a également garanti tous les avoirs. Si on compare la situation allemande à celle de la France, l'avantage de l'Allemagne, c'est que nous avons les réformes derrière nous : on avait quasiment assaini notre budget et épongé les dettes qui pesaient. On affronte cette crise avec un tout petit peu plus de sécurité ».

En Grande-Bretagne : les banques endettées et fragilisées

Ben Hall, correspondant à Paris du Financial Times (Grande-Bretagne) : « La Grande-Bretagne vient d'annoncer un plan énorme de 50 milliards de participation dans les banques, 200 milliards de garanties de prêts, et 200 milliards de liquidités additionnelles de la Banque d'Angleterre. C'est un plan de soutien vraiment hallucinant. Les banques françaises sont plus solides que les banques anglaises et moins touchées par la panique boursière. Les banques anglaises sont plus endettées et paraissent moins solides. Les Anglais sont probablement les plus préoccupés parmi les pays d'Europe, car ils souffrent aussi d'une baisse de l'immobilier et les gens perçoivent une baisse de pouvoir d'achat et de niveau de vie. J'étais à Londres il y a 10 jours et j'ai été frappé par la réponse de la presse populaire, normalement libérale, contre les banquiers ».