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Tchétchénie: les arrestations d'homosexuels "pas confirmées" selon le Kremlin

Le président russe Vladimir Poutine (g) rencontre le leader tchétchène Ramzan Kadyrov, au Kremlin, le 25 mars 2016

Le président russe Vladimir Poutine (g) rencontre le leader tchétchène Ramzan Kadyrov, au Kremlin, le 25 mars 2016 - MIKHAIL KLIMENTYEV, Sputnik/AFP/Archives

Le Kremlin a affirmé que les accusations d'arrestations et de tortures d'homosexuels en Tchétchénie, "ne se confirment pas", assurant que les plaintes étaient "des plaintes fantomes".

Après les déclarations du président tchétchène Ramzan Kadyrov, c'est au tour de Moscou de remettre en cause les accusations de torture à l'encontre d'homosexuels dans la république du Caucase. Pour la Russie, les informations de presse faisant état de nombreuses arrestations et de cas de torture d'homosexuels en Tchétchénie, "ne se confirment pas" en l'état, a assuré jeudi le Kremlin.

"Ces informations ne se confirment pas", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, au lendemain d'une rencontre entre le président Vladimir Poutine et l'homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov.

"Malheureusement ou heureusement, il n'y a jusqu'à présent aucune confirmation concrète" de telles persécutions d'homosexuels en Tchétchénie, a-t-il souligné, en précisant que des vérifications sur ce sujet étaient menées actuellement par les forces de l'ordre russes, ainsi que par la déléguée pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova.

Au moins deux personnes auraient été assassinées

Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta a révélé que les homosexuels sont devenus la cible des autorités en Tchétchénie, société conservatrice où l'homosexualité, considérée comme un tabou, est un crime passible de mort dans la majorité des familles.

Selon le journal, les autorités locales ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Toujours selon Novaïa Gazeta, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée des suites d'actes de tortures.

Des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l'AFP avoir été battus et détenus "dans une prison non-officielle", et vivre aujourd'hui la peur au ventre d'être identifiés et traqués par leur famille. Officiellement, une enquête a été ouverte lundi par le Parquet général. Mais les enquêteurs disent n'avoir reçu "aucune plainte officielle" de victime.

"Qui sont ces gens? Où ils vivent? Ce sont des plaintes de fantômes!", s'est insurgé Dmitri Peskov. "Les assurances données par le dirigeant tchétchène ont été approuvées par le président", a ajouté le porte-parole du Kremlin.

G.D. avec AFP