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Syrie : Juppé appelle à « s'affranchir des blocages » de l'Onu

"Mais il n'est pas besoin d'invoquer Antigone pour se souvenir qu'il existe des lois non écrites qui l'emportent sur le droit positif", affirme Alain Juppé.

"Mais il n'est pas besoin d'invoquer Antigone pour se souvenir qu'il existe des lois non écrites qui l'emportent sur le droit positif", affirme Alain Juppé. - -

L’ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé appelle à fournir une aide militaire à la résistance syrienne. Laurent Fabius avait appelé mercredi sur RMC à une « réaction de force » si les attaques chimiques étaient avérées.

Si l’ONU ne veut pas bouger, il faudra faire sans. L'ancien ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé ce vendredi à « s'affranchir des blocages » qui persistent au sein du Conseil de sécurité de l'Onu dans le dossier syrien et à apporter une aide militaire à la « résistance syrienne ».
La Russie a en effet bloqué mercredi soir une déclaration du Conseil de sécurité appelant à la tenue rapide d'une enquête internationale sur les soupçons d'attaque chimique qui pèsent sur un bombardement survenu quelques heures plus tôt dans les faubourgs de Damas. En parallèle, elle a toutefois appelé Bachar Al Assad à laisser les enquêteurs de l’ONU se rendre sur place pour vérifier qu’aucune exaction n’a été commise. Selon l'opposition, l’attaque a fait entre un demi-millier et 1 300 morts.

« Il faut donc aujourd'hui s'affranchir des blocages onusiens »

« Je sais que le respect de la légalité internationale, c'est-à-dire l'autorisation dudit Conseil préalablement à tout emploi de la force, est un principe de base de notre diplomatie », écrit le maire UMP de Bordeaux sur son blog. « Mais il n'est pas besoin d'invoquer Antigone pour se souvenir qu'il existe des lois non écrites qui l'emportent sur le droit positif. Il faut donc aujourd'hui s'affranchir des blocages onusiens et aider militairement la résistance syrienne », ajoute-t-il, même s’il dit avoir conscience « des objections, sérieuses » que peut soulever l'option d'une intervention.

« Il nous restera le silence de la complicité »

« Mais la seule alternative, c'est la poursuite du martyre du peuple syrien. Il ne faudra plus, alors, continuer à verser des larmes de crocodile. Il nous restera le silence de la complicité », conclut-il.
Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé jeudi sur RMC une « réaction de force » de la communauté internationale si l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien était prouvée. « Il y a des possibilités de répliquer », a-t-il dit sur notre antenne, tout en jugeant « impossible » d'envoyer des forces militaires. Selon l'Onu, plus de 100 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad en mars 2011, et près de deux millions de Syriens ont fui à l'étranger.

La rédaction avec Reuters