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Signes d'inquiétude et lueurs d'espoir à Fukushima

Réfugié dans un centre de Minamisanriku, dans la préfecture de Miyagi. Dans le nord du Japon, les pluies, parfois verglaçantes, les pénuries de carburant et les coupures d'électricité persistantes ralentissent les efforts d'aide aux populations sinistrées

Réfugié dans un centre de Minamisanriku, dans la préfecture de Miyagi. Dans le nord du Japon, les pluies, parfois verglaçantes, les pénuries de carburant et les coupures d'électricité persistantes ralentissent les efforts d'aide aux populations sinistrées - -

par Risa Maeda et Kazunori Takada TOKYO (Reuters) - La hausse de la température autour du coeur du réacteur n°1 à la centrale de Fukushima suscite...

par Risa Maeda et Kazunori Takada

TOKYO (Reuters) - La hausse de la température autour du coeur du réacteur n°1 à la centrale de Fukushima suscite l'inquiétude des autorités japonaises, malgré des signes d'amélioration de la situation sur d'autres plans.

Dans le nord du Japon, les pluies, parfois verglaçantes, les pénuries de carburant et les coupures d'électricité persistantes ralentissent les efforts d'aide aux populations sinistrées par le séisme et le tsunami du 11 mars.

La catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire de l'humanité - évaluée à 250 milliards de dollars - a fait à ce jour 9.080 morts confirmés et dans les 13.560 disparus, et 268.000 personnes s'apprêtaient mardi soir à passer une nouvelle nuit dans les centres d'hébergement.

En outre, 216.000 foyers sont toujours privés d'électricité dans le Nord et 760.000 n'ont plus d'eau courante. On dénombre 14.700 bâtiments totalement détruits.

Des signaux préoccupants sont apparus de nouveau à la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, durement touchée par la catastrophe. De la fumée s'est échappée pendant un certain temps du réacteur n°3, lequel contient du MOX, une substance hautement radioactive. De la fumée continuait dans la soirée de s'échapper également du réacteur n°2.

En outre, le coeur du réacteur n°1 est en surchauffe et la température y atteint dans les 380 à 390° Celsius, a déclaré Sakae Muto, vice-président de Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale.

"Il nous faut faire retomber quelque peu la température", a-t-il dit en précisant que ce réacteur avait été conçu pour fonctionner à 300°. "La possibilité, ce serait d'injecter davantage d'eau (pour refroidir le coeur)", a-t-il ajouté.

PRÉLÈVEMENTS D'EAU DE MER

Au chapitre des améliorations, la piscine pour combustible usé du réacteur n°2 a pu être remplie d'eau, ce qui empêche le dégagement de radioactivité. Et les six réacteurs de la centrale sont désormais reliés par des câbles électriques, élément clé pour relancer le processus de refroidissement des cartouches de combustible. Dans l'un des réacteurs, le pompage d'eau a repris.

Pour autant, déclare Hidehiko Nishiyama, n°2 de l'agence de sûreté nucléaire du Japon, "il va nous falloir un peu plus de temps. Il est trop tôt pour dire si la situation s'est suffisamment stabilisée dans les réacteurs."

Plus optimiste, la commission américaine de régulation de l'énergie atomique a estimé que la situation semblait près de se stabiliser à Fukushima.

Les autorités nippones continuent d'évaluer les retombées de la catastrophe nucléaire tant sur le plan sanitaire qu'économique.

De nouveaux tests ont été effectués mardi dans l'eau de mer au large de la centrale, après l'envoi par le gouvernement d'un navire pour effectuer des prélèvements.

Selon des échantillons recueillis lundi, le niveau d'iode-131 dans l'eau du Pacifique était 126,7 fois supérieur à la limite admise, a indiqué Tepco. Le niveau du césium-134 était quant à lui 24,8 fois supérieur et celui du césium-137 16,5 fois supérieur. Des traces de cobalt-58 ont aussi été décelés.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la présence d'éléments radioactifs dans certaines denrées alimentaires constituait un problème bien plus sérieux qu'on ne le pensait initialement et que la contamination alimentaire n'était pas un problème limité aux abords de la centrale.

NUAGE MERCREDI EN FRANCE

Sur le plan financier, les autorités nippones ont lancé une mise en garde aux marchés contre toute tentative de faire remonter le yen, quatre jours après une intervention coordonnée du G7 pour en stabiliser le cours.

La devise nippone a flambé la semaine dernière en raison de spéculations sur un rapatriement par les entreprises japonaises d'une partie de leurs actifs à l'étranger afin de faire face aux besoins de la reconstruction du pays.

La baisse de la production d'électricité, liée à l'arrêt de plusieurs centrales nucléaires, risque de provoquer des pannes de courant pendant l'été, saison de pic de consommation en raison d'un usage étendu des climatiseurs au Japon.

Concernant le reste du monde, le nuage radioactif dégagé par les explosions et les émanations devrait atteindre mercredi la France métropolitaine, a priori sans risque pour la population car selon l'Autorité de sûreté nucléaire, la distance entre la France et le Japon rend le risque négligeable. Le niveau de contamination de l'air en France devrait rester 1.000 à 10.000 fois inférieur au "nuage de Tchernobyl" en 1986, dit l'ASN.

De minuscules quantités de particules radioactives ont été décelées en Islande, a-t-on appris à Vienne de source diplomatique à la CTBTO (Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires).

Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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