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Russie: Navalny et plus d'un millier de ses partisans interpellés

Interpellations en Russie.

Interpellations en Russie. - Mladen ANTONOV / AFP

Alexei Navalny, opposant à Vladimir Poutine, et 1.500 de ses partisans ont été interpellés ce lundi lors d'une journée nationale de mobilisation contre la corruption.

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, et plus d'un millier de ses partisans ont été interpellés lundi alors qu'ils défiaient Vladimir Poutine dans toute la Russie lors d'une journée de mobilisation contre la corruption. Après des manifestations d'une ampleur inattendue le 26 mars, des milliers de Russes, souvent très jeunes, ont scandé "La Russie sans Poutine!" dans des dizaines de villes, y compris près du Kremlin à Moscou où les forces anti-émeutes ont dispersé la foule parfois à coups de matraque.

L'ONG spécialisée OVD-Info a indiqué avoir compté au moins 823 interpellations à Moscou et au moins 600 à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), précisant qu'il s'agissait de données provisoires. Elle avait auparavant fait état sur Twitter de plus d'une centaine d'arrestations dans des villes de province, de Vladivostok (Extrême-Orient) à l'enclave de Kaliningrad (Baltique) en passant par Norilsk (Grand Nord) et Sotchi (Sud).

La condamnation des Etats-Unis

La Maison Blanche a condamné "avec force" ces interpellations et reclamé la "libération immédiate" des manifestants, son parole-parole Sean Spicer estimant que "les Russes méritent un gouvernement qui soutienne (...) la possibilité d'exercer leurs droits sans crainte ou représailles". Le président du Parlement européen Antonio Tajani a lui fait part de "son inquiétude" à la suite de l'arrestation d'Alexei Navalny, et l'ONG Amnesty International a dénoncé des "scènes alarmantes" d'interpellations et violences envers les manifestants. L'Union européenne a également condamné ce lundi soir les interpellations de centaines de "manifestants pacifiques" contre la corruption en Russie, dont l'opposant au Kremlin Alexeï Navalny, et demandé leur "libération immédiate".

Interpellé dès la sortie de son domicile, Alexeï Navalny, qui compte se présenter contre Vladimir Poutine à la présidentielle de mars, comparaissait lundi soir devant un juge. Il a été condamné à 30 jours de détention. Interrogé sur la rue Tverskaïa qui débouche sur le Kremlin, Alexandre Tiourine, manifestant de 41 ans, a dénoncé le fait que "Poutine se trouve au pouvoir depuis 17 ans et ne compte pas en partir". "Il a usurpé le pouvoir, il y a une absence totale de société civile dans le pays, les tribunaux ne fonctionnent pas, la corruption s'est transformée en système", a-t-il ajouté.

R.V. avec AFP