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Réunion du "quartet" à Moscou sur fond de vives tensions

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (à gauche) et Tony Blair, représentant du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient. Le "quartet" s'est réuni vendredi à Moscou avec l'objectif de relancer le dialogue au Proche

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (à gauche) et Tony Blair, représentant du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient. Le "quartet" s'est réuni vendredi à Moscou avec l'objectif de relancer le dialogue au Proche - -

par Arshad Mohammed et Conor Sweeney MOSCOU - Le "quartet" des médiateurs internationaux se réunit vendredi à Moscou avec l'objectif de relancer...

par Arshad Mohammed et Conor Sweeney

MOSCOU (Reuters) - Le "quartet" des médiateurs internationaux se réunit vendredi à Moscou avec l'objectif de relancer le dialogue au Proche-Orient sur fond de violences à Gaza et de vives tensions entre Israéliens et Palestiniens après l'annonce de projets immobiliers dans les colonies juives de Cisjordanie.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, la nouvelle haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le représentant du "quartet" Tony Blair sont réunis dans la capitale russe.

"Chacun de nous espère arriver à des conclusions communes qui aideront à promouvoir le début d'un dialogue entre les deux parties", a déclaré Lavrov à son arrivée.

Rien n'a filtré du dîner à huis clos qui a réuni les protagonistes du "quartet" jeudi soir avant l'ouverture formelle des discussions, dont les observateurs attendent peu d'avancées spectaculaires.

Clinton a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse commune avec Lavrov que l'objectif de la réunion était "de relancer les négociations entre Israéliens et Palestiniens sur une voie qui mènera à une solution à deux Etats".

Les relations entre Israël et les Etats-Unis ont été mises à mal par l'annonce, la semaine dernière, de la mise en chantier prochaine de 1.600 logements pour des colons de Ramat Shlomo, près de Jérusalem, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden.

RAIDS ISRAÉLIENS DANS LA BANDE DE GAZA

La nouvelle, que Clinton a jugée "insultante", a mis en péril la relance du processus de paix au point mort depuis décembre 2008, annoncée au même moment sous la forme de négociations indirectes confiées à l'émissaire américain George Mitchell.

Ces discussions dites "de proximité" sont également menacées par la reprise des violences dans la bande de Gaza, où l'aviation israélienne a mené une série de raids dans la nuit de jeudi à vendredi, après un tir de roquette qui a coûté la vie à un ouvrier thaïlandais dans un kibboutz israélien.

Lors d'un entretien téléphonique jeudi, Hillary Clinton et Benjamin Netanyahu ont toutefois joué la carte de l'apaisement.

Le porte-parole de Netanyahu, Nir Chefetz, a déclaré dans un communiqué que le chef du gouvernement israélien avait proposé à la secrétaire d'Etat "des mesures de rétablissement de la confiance mutuelle entre Israël et l'Autorité palestinienne", sans préciser la nature de ces mesures.

Le département d'Etat a indiqué qu'il allait "étudier la réponse du Premier ministre" et "poursuivre (ses) discussions avec les deux parties pour que les discussions de proximité progressent".

George Mitchell, qui aurait déjà dû entamer dans la semaine une nouvelle visite au Proche-Orient, s'y rendra finalement ce week-end pour consulter le Premier ministre israélien et le président palestinien Mahmoud Abbas.

La Russie, en quête de l'influence perdue de l'ex-Union soviétique au Proche-Orient, souhaitait au départ accueillir une conférence de paix internationale après celle de novembre 2007 à Annapolis mais le peu de progrès constatés depuis a forcé Moscou à organiser une simple réunion du "quartet".

Formé en 2002 en Espagne, le "quartet" s'est réuni pour la dernière fois en marge de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre dernier.

Ses résultats ont jusqu'à présent été maigres et certains analystes, comme le russe Evguéni Stanovski, président de l'Institut d'études moyen-orientales de Moscou, y voient avant tout un "club de diplomates très coûteux".

Jean-Philippe Lefief et Clément Dossin pour le service français