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Qui est le dalaï-lama ?

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Respecté, vénéré, mais aussi critiqué, banni, le dalaï-lama est une figure à la fois spirituelle et politique. Portrait, à l'occasion de sa visite en France.

Le dalaï-lama est arrivé aujourd'hui lundi 11 août en France pour une visite de 12 jours. Pour ce séjour, très symbolique en cette période de Jeux Olympiques en Chine, le chef spirituel tibétain limitera au maximum ses activités sur le plan politique. En dehors d'un unique rendez-vous politique mercredi, au Sénat, avec les parlementaires français du Groupe d'information sur le Tibet, le dalaï-lama consacrera la plus grande partie de sa visite à l'enseignement religieux. Il bénira deux temples bouddhistes en région parisienne, puis deux autres dans l'Orne et le Morbihan, avant de partir pour Nantes, où il tiendra vendredi une conférence publique. La salle du Zénith de la ville affiche déjà complet depuis le mois d'avril, et des écrans géants ont été installés à l'extérieur pour que les spectateurs supplémentaires ne manquent rien. Ensuite, le dalaï-lama dispensera ses enseignements pendant cinq jours à 7000 bouddhistes de toutes nationalités, toujours au Zénith de Nantes. Il terminera sa visite de France par l'inauguration d'un temple à Roqueredonte, dans l'Hérault, en présence de Carla Bruni-Sarkozy.

Le dalaï-lama vu par son peuple

Frédéric Lenoir, sociologue des religions et auteur de "Tibet, le moment de vérité", revient sur ce que représente le Dalaï-lama pour les Tibétains : « Il est pour eux à la fois un chef religieux - puisque c'est un maître spirituel qui donne des enseignements dans le monde entier, et un être très sage et accompli ; et en même temps, c'est un chef d'Etat en exil. C'est l'équivalent pour nous d'un Président de la République, d'un Roi dans une monarchie. C'est vraiment le représentant de l'Etat tibétain qui est en exil et qui symbolise parfaitement bien pour les Tibétains leur identité nationale. Donc, ils y sont extrêmement attachés, même si, il faut le dire, beaucoup de Tibétains aujourd'hui contestent aujourd'hui sa politique de non-violence, en disant "on n'a rien obtenu, ça ne sert à rien" ».

Le dalaï-lama vu par la Chine

« Les autorités communistes chinoises, dès que le dalaï-lama s'est enfui en 1959, l'ont complètement diabolisé auprès de leur opinion publique, parce qu'ils avaient conscience que c'était l'emblème de l'identité nationale tibétaine, et le but des communistes chinois c'était tout simplement d'assimiler, de coloniser totalement le Tibet. Le dalaï-lama était donc pour eux une grande menace. Toute la propagande chinoise depuis 50 ans, tous les enfants chinois à l'école apprennent que le dalaï-lama est un monstre, un ogre qui mange les enfants... c'est stupéfiant, on se croirait au Moyen-âge dans la manière dont on diabolise le dalaï-lama, qui est avant tout un homme de tolérance et de paix. »

La rédaction, avec Yannick Olland