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Australie: les touristes affluent une dernière fois sur le rocher d'Uluru, désormais fermé aux grimpeurs 

Les aborigènes Anangu, qui vénèrent le lieu depuis des dizaines de milliers d'années, ont décidé d'interdire l'ascension d'Ayers Rock, estimant qu'il ne s'agit pas "d'une cour de récréation ou d'un parc à thème".

Des centaines de touristes ont afflué une dernière fois vendredi sur le site d'Uluru, célèbre formation rocheuse au cœur du désert australien, à la veille de l'interdiction de son ascension. À compter de samedi, une mesure prohibant de manière permanente l'ascension de ce monolithe géant, considéré comme sacré dans la culture aborigène, entrera en vigueur à la demande de ses propriétaires, les aborigènes Anangu.

Des centaines de personnes ont attendu pendant des heures vendredi matin l'autorisation d'entamer la montée, interdite jusqu'en milieu de matinée en raison de vents violents. L'organisme gouvernemental Parks Australia a indiqué que les conditions météorologiques seraient réévaluées tout au long de la journée afin de déterminer si l'ascension pouvait demeurer autorisée.

"Je suis juste venu pour voir mais quand j'ai appris que c'était la dernière fois qu'il était possible (de faire l'ascension), j'ai décidé d'essayer", a expliqué à l'AFP un touriste polonais, Matt Oswiecimiki, âgé de 29 ans.

Tout en estimant "normale" une telle interdiction par respect pour le peuple Anangu, il était déterminé à saisir l'opportunité de pouvoir escalader une dernière fois le rocher. De nombreux touristes pensent que l'escalade d'Uluru, également appelé Ayers Rock, fait partie des choses qu'il faut absolument faire quand on visite l'Australie.

Ayers Rock n'est "pas une cour de récréation"

Les aborigènes Anangu, qui vénèrent le lieu depuis des dizaines de milliers d'années et qui en sont les propriétaires, avaient décidé d'interdire l'ascension d'Ayers Rock en 2017, estimant notamment que "c'est un lieu extrêmement important, pas une cour de récréation ou un parc à thème".

Les touristes seront cependant toujours autorisés à visiter le parc national d'Uluru-Kata Tjuta dans lequel ils peuvent se promener ou découvrir le patrimoine indigène.

Au cours des derniers mois, les touristes ont afflué sur le site, désireux de le visiter avant l'entrée en vigueur de l'interdiction. Dans les 12 mois précédant le mois de juin, plus de 395.000 personnes ont visité le Parc national Uluru-Kata, soit 20% de plus que l'année précédente, selon Parks Australia. Seuls 13% d'entre eux cependant ont fait l'ascension d'Uluru.

Le ministre des Affaires indigènes Ken Wyatt a comparé cet afflux à "une ruée de gens qui voudraient escalader le Mémorial australien de la guerre".

"Nos objets sacrés, communauté par communauté, sont d'une importance absolue dans l'histoire de cette nation de peuples", a-t-il déclaré à la chaîne Australian Broadcasting Corporation (ABC).

Samedi marque le 34e anniversaire de la remise du titre du parc à ses propriétaires traditionnels.

Ju. M. avec AFP