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Yémen: pas de revendication après l'enlèvement d'Isabelle Prime

La Française Isabelle Prime a été enlevée ce mardi à Sanaa, au Yémen. Aucune revendication n'a pour l'heure été faite au sujet de son rapt.

La Française Isabelle Prime a été enlevée ce mardi à Sanaa, au Yémen. Aucune revendication n'a pour l'heure été faite au sujet de son rapt. - Capture BFMTV

Employée par une entreprise américaine au Yémen, la jeune ressortissante française Isabelle Prime était censée quitter prochainement le pays avant d'être enlevée, ce mardi. Selon son père, elle était très prudente et restait constamment en relation avec les services de sécurité locaux.

La jeune ressortissante française enlevée ce mardi au Yémen à Sanaa, Isabelle Prime, se trouvait dans ce pays depuis plus d'un an, dans la continuité d'un parcours professionnel tourné vers l'international. Plus de 20heures après son enlèvement, la France n'a toujours pas reçu de revendications. On ignore donc si la jeune femme est victime d'un enlèvement politique ou d'un rapt crapuleux.

Pas de revendication

"Elle a été enlevée mardi à 11h45 à un check-point à Sanaa, dans un taxi, avec son accompagnatrice. Tous les services sont mobilisés, avec beaucoup de discrétion comme toujours", a réagi Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, mercredi matin sur France info.

S'il refuse de donner plus de détails sur la mobilisation des services français, Laurent Fabius a tenu à rappeler que "le Yémen est un Etat en proie au chaos". "Dans les derniers temps, l'ambassade elle-même était complètement calfeutrée à cause des problèmes de sécurité. C'est un pays particulièrement dangereux. Je redis l'ordre d'évacuation qu'on avait déjà donné il y a deux semaines", a poursuivi Laurent Fabius.

Elle devait bientôt quitter le pays

Issue d'une famille de Loire-Atlantique, la jeune femme, née en mai 1984, a grandi et suivi la majeure partie de sa scolarité à Angers, dans le Maine-et-Loire.

Arrivée en novembre 2013 au Yémen selon son père interrogé par RTL, elle devait quitter le pays "dans quelques jours", a indiqué de son côté le patron de la société de conseil américaine pour laquelle elle travaillait, contacté par l'Agence France-Presse (AFP).

Francisco Ayala, président de Ayala Consulting, basée dans la banlieue de Miami (Floride, sud-est) et en Equateur, a indiqué qu'"Isabelle était la dernière" des expatriés de sa société encore au Yémen.

Toujours sur RTL, père de la jeune femme a souligné la prudence de sa fille qui, loin d'être une tête brûlée selon lui se trouvait en permanence en relation avec les services de sécurité locaux.

Des expériences à l'étranger, en Jordanie notamment

Selon le site d'Ayala Consulting, Isabelle Prime est consultante spécialisée en développement durable et en communication. Elle avait auparavant travaillé en Jordanie et en France dans les télécommunications et l'assainissement de l'eau.

Après des études secondaires à Angers, Isabelle Prime a notamment suivi les cours d'une école de commerce à Reims entre 2005 et 2008 et effectué un diplôme de 3e cycle à Sciences Po à Paris pendant un an en 2011-2012, ainsi que fréquenté l'université de Turin en Italie.

"Un risque d'attaque constant"

Parmi les causes importantes à ses yeux, la jeune femme cite notamment "la lutte contre la pauvreté" et "l'aide humanitaire", sur son profil de ce réseau social. Interrogée par le quotidien le Courrier de l'Ouest lors d'un entretien sur son parcours et son expérience en avril 2014, la jeune femme déclarait: le Yémen est "une région du monde qui m'intéresse, de même que le projet".

"En tant que chef de mission, j'étais chargée de trouver le logement. Du fait de la situation sécuritaire, nous avons dû nous regrouper dans une seule maison et sommes malheureusement obligés d'avoir des gardes armés. Le Yémen n'est pas un pays en guerre mais il y a un risque d'attaque constant", indiquait-elle dans les colonnes du journal.

Isabelle Prime, qui revenait régulièrement dans l'Hexagone, avait passé Noël dernier avec ses proches. Le président français François Hollande a exigé devant la presse mardi que la libération de la jeune femme "intervienne dans les meilleurs délais".

Jé. M. avec AFP