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Turquie: la police tire des lacrymogènes sur 10.000 manifestants

Des manifestations à Ankara jeudi 15 mai

Des manifestations à Ankara jeudi 15 mai - -

Les manifestants ont répondu à la police qui a également fait usage de canons à eau par des jets de pierres. Au moins cinq personnes, dont deux policiers, ont été blessés.

La police turque a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre environ 10.000 personnes qui manifestaient, vendredi, sur les lieux de la catastrophe minière de Soma, dans l'Ouest de la Turquie. Avant l'intervention policière musclée les manifestants ont refusé de se disperser malgré les appels de la police. Ils criaient "gouvernement démission" ou encore "Ne dort pas Soma, n'oublie pas les mineurs".

Les manifestants ont répondu à la police qui a également fait usage de canons à eau par des jets de pierres. Au moins cinq personnes, dont deux policiers, ont été blessés. Une nouvelle colère sociale est en marche dans le pays contre le régime du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Depuis l'accident survenu, mardi, dans la mine de charbon de Soma (Ouest), des milliers de Turcs sont descendus dans les rues pour manifester leur mécontentement contre le gouvernement, sous le feu des critiques, qu'ils accusent de laxisme et d'indifférence au sort des travailleurs en général.

"Où vas-tu espèce de sperme d'Israël?"

Selon des images prises par téléphone qui ont circulé sur les réseaux sociaux, Recep Tayyip Erdogan, connu pour ses coups de colère, s'en est même physiquement pris à un manifestant qui l'accablait de critiques, une information démentie vendredi par le porte-parole de son parti de la justice et du développement (AKP), Hüseyin Celik.

Une autre vidéo filmée également par téléphone montre le Premier ministre prenant apparemment ce même manifestant par le cou et l'insultant violemment en tenant des propos antisémites. "Où vas-tu espèce de sperme d'Israël, viens par ici!", crie le chef de l'exécutif, furieux, dans une grosse bousculade, selon des journaux d'opposition.

Un de ses assistants a ajouté à la controverse, en donnant un coup de pied à un autre contestataire tenu à terre par des policiers.

S.A. avec AFP