BFMTV

Syrie : nouveau veto sino-russe à l’ONU

-

- - -

La Russie et la Chine ont, ce jeudi, refusé une résolution de l’ONU menaçant le régime syrien de sanctions. Dans le même temps, les combats s’intensifient à Damas et des milliers de personnes fuient vers les pays voisins.

Sans surprise, la Russie et la Chine ont, pour la troisième fois, refusé jeudi une résolution de l'ONU menaçant le régime syrien de sanctions, et renouvelant de 45 jours le mandat de la mission des Nations Unies dans le pays. Un nouveau veto synonyme d'un échec cuisant de la diplomatie onusienne sur la Syrie. « Ce troisième veto sur la Syrie signifie que pour la Russie et la Chine il n’y aura pas de conséquences au non-respect par le régime syrien de ses obligations, a déclaré Gérard Araud, ambassadeur de France à l’ONU. Que les crimes resteront impunis, que leurs auteurs pourront continuer de vaquer à leurs desseins nauséabonds, que les aspirations légitimes des peuples peuvent être méprisées, que les victimes sont quantité négligeable. L’Histoire leur donnera tort, l’Histoire les jugera, elle commence déjà à le faire à Damas.»

« Ce ne sont plus les droits humains qui sont mis en avant »

Le Royaume-Uni se dit consterné et accuse la Chine et la Russie de mettre leurs intérêts nationaux avant la vie de millions de Syriens. Les Etats-Unis considèrent que le Conseil de sécurité de l'ONU a « totalement échoué ». Washington accuse Russes et Chinois de protéger leur allié syrien. « Nous allons intensifier nos efforts avec différents partenaires hors du Conseil de sécurité pour faire pression sur le régime Assad et fournir de l'aide à ceux qui en ont besoin », a déclaré l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice.
Un échec qui affaiblit les Nations unies selon Nina Walch, coordinatrice Moyen-Orient pour Amnesty International. « L’idée de départ de l’ONU était de protéger les droits humains, estime-t-elle, elle a été noyée dans des intérêts divers : économiques, géopolitiques. Il s’agit d’un jeu de pouvoirs (…). Ce ne sont plus les droits humains qui sont mis en avant (…). Il y a des pays qui ne sont pas représentés mais qui devraient l’être. Le droit de veto des cinq puissances qui l’ont actuellement, n’est plus justifié dans la constellation mondiale d’aujourd’hui. »

Infos contradictoires sur Bachar al-Assad

Ce vendredi sur RFI, l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov a affirmé que Bachar al-Assad « accepte de partir » mais « d'une façon civilisée ». Il a indiqué qu' « au moment de la rencontre à Genève du groupe d'action, le 30 juin, un communiqué final prévoyait une transition vers un régime plus démocratique » et que cela avait été « accepté par Assad ». La télévision syrienne dément, estimant que ces propos sont « sans fondement ».

L'armée syrienne bombarde les rebelles

Sur le terrain, les combats font toujours rage à Damas. L'armée syrienne a bombardé les positions des rebelles dans plusieurs quartiers de la capitale, aidée par des hélicoptères de combats. Face à une telle violence, des centaines de personnes quittent Damas. Au total, ce seraient des milliers de Syriens qui prendraient la direction de la Jordanie ou du Liban. Selon le témoignage de Libanais vivant près du poste de frontière de Masnaa, à 40 km de Damas, des centaines de voitures privées, de taxis et de bus affluent à la frontière depuis plus de 24 heures.

122 000 Syriens ont fui le pays

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, 122 000 Syriens au moins ont déjà fui leur pays vers la Jordanie, le Liban ou la Turquie. Des pays qui pourraient être mis en difficulté par l’arrivée massive de réfugiés. « Sachant que la Jordanie accueille déjà des réfugiés palestiniens et irakiens, un autre afflux massif pourrait les mettre en difficulté, s’inquiète Patrick Villedieu, chargé de la cellule d’urgence à Médecins du Monde. Les structures hospitalières, les centres de santé sont pleins, on risque d’avoir une situation qui deviendra de plus en plus catastrophique. Au Liban les risques sont peut-être encore plus élevés avec des risques de déstabilisation ensuite sur ses pays limitrophes. »

La Rédaction, avec Céline Martelet et BFMTV