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Syrie: la France ouvre une enquête visant le régime de Bachar al-Assad pour crimes contre l'humanité

Le président syrien Bachar al-Assad, en janvier 2014.

Le président syrien Bachar al-Assad, en janvier 2014. - Joseph Eid - AFP

Une enquête pénale pour "crimes contre l'humanité" a été ouverte en France visant le régime syrien, pour des exactions commises en Syrie entre 2011 et 2013.

Après un signalement du Quai d'Orsay, le parquet de Paris a ouvert le 15 septembre dernier une enquête préliminaire pour "crimes contre l'humanité" visant le régime de Bachar al-Assad. L'enquête se base notamment sur le témoignage de "César", un ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables de corps torturés.

Le "rapport César - des milliers de photos insoutenables, authentifiées par de nombreux experts, qui montrent des cadavres torturés et morts de faim dans les prisons du régime - témoigne de la cruauté systématique du régime de Bachar al-Assad", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui se trouve à New York pour l'Assemblée des Nations unies.

Selon nos informations, c'est la présence encore non avérée d'un Franco-Syrien parmi les victimes photographiées par César qui justifierait l'ouverture d'une enquête par la France. Les enquêteurs travailleront notamment à partir de ces photos accumulées pendant deux ans par cet homme se faisant appeler "César", qui fut photographe aux ordres du régime syrien avant d'être exfiltré de Syrie en juillet 2013.

Des milliers de photos insoutenables

L'homme dit avoir travaillé dans une unité de documentation de la police militaire syrienne. Lors d'une conférence de presse à Paris en mars 2014, plusieurs photos d'une cruauté insoutenable, provenant d'une carte-mémoire emportée par "César", avaient été projetées à l'Institut du monde arabe. Ecrit en anglais en lettres couleur sang, et intitulé "Assad's secret massacres" (Les massacres secrets d'Assad), le photoreportage était destiné aux instances internationales dont l'ONU, pour instruire un dossier sur la responsabilité du régime dans des "tortures de masse".

Sur ces clichés, on voyait des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et aussi une photo montrant une centaine de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer. Le régime de Bachar al-Assad avait alors qualifié ce rapport de "politique".

Discussions sur la Syrie à l'ONU

L'annonce de cette enquête intervient alors que la crise syrienne est au centre de l'Assemblée générale des Nations unies. Lundi, le président François Hollande a affirmé à l'ONU qu'"on ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau", excluant ainsi Bachar al-Assad d'une solution politique au conflit. Le président américain Barack Obama a insisté mardi sur le départ du président syrien pour vaincre les jihadistes de l'Etat islamique, alors que la Russie insiste pour le maintenir au pouvoir.

Face à l'EI, le président russe Vladimir Poutine a appelé à une "large coalition" incluant Bachar al-Assad et l'Iran, pour prendre la suite de la coalition menée actuellement par les Etats-Unis. Depuis plus d'un an, la coalition a réalisé plus de 7.200 frappes aériennes contre des positions de l'EI en Irak et en Syrie. La France s'est jointe dimanche aux raids en Syrie en détruisant un camp d'entraînement de l'EI.

la rédaction avec AFP