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Paris dément les accusations d'espionnage des taliban afghans

Le ministère des Affaires étrangères a démenti samedi les accusations des taliban afghans, selon qui la France ne prête pas attention aux exigences qu'ils ont formulées pour relâcher Stéphane Taponier (à gauche) et Hervé Ghesquière les deux journalistes d

Le ministère des Affaires étrangères a démenti samedi les accusations des taliban afghans, selon qui la France ne prête pas attention aux exigences qu'ils ont formulées pour relâcher Stéphane Taponier (à gauche) et Hervé Ghesquière les deux journalistes d - -

PARIS (Reuters) - Le ministère des Affaires étrangères a démenti samedi les accusations des taliban afghans, selon qui la France ne prête pas...

PARIS (Reuters) - Le ministère des Affaires étrangères a démenti samedi les accusations des taliban afghans, selon qui la France ne prête pas attention aux exigences qu'ils ont formulées pour relâcher les deux journalistes de France 3.

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont détenus en Afghanistan depuis 368 jours.

Leurs familles ont réclamé à cette occasion des signes concrets de la mobilisation des autorités françaises en faveur de leur libération.

Selon un taliban interrogé par l'AFP en Afghanistan, Paris ne prête "pas beaucoup d'attention" à leurs exigences pour libérer les deux Français, qu'il accuse d'être des espions.

Si la France avait accepté ces conditions, les journalistes auraient déjà été libérés, estime Zabihullah Mujahid, qui se présente comme un porte-parole du mouvement taliban.

Ces propos contrastent nettement avec les déclarations optimistes de plusieurs ministres français qui, depuis l'été, ont jugé à maintes reprises la libération des deux otages comme acquise voire imminente, en septembre puis pour les fêtes de Noël.

Dans un communiqué, le Quai d'Orsay dit avoir pris connaissance des déclarations "d'un soi-disant porte-parole taliban" dont il juge les accusations d'espionnage "absurdes".

"Hervé Guesquière et Stéphane Taponier sont deux journalistes qui ont été enlevés dans l'exercice de leur profession", souligne le ministère.

"Depuis un an, les discussions se poursuivent sans relâche pour permettre à nos compatriotes de retrouver leurs familles sains et saufs (...) La détermination des autorités françaises reste aujourd'hui entière", souligne le texte.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) du groupe France Télévisions fait part samedi de son inquiétude après la publication des déclarations du dirigeant taliban à Kandahar.

"Ces propos résonnent comme un mauvais signal", peut-on lire dans un communiqué. "En 2011, continuons la mobilisation. On ne vous oublie pas", ajoute le SNJ.

"LES PROMESSES PASSENT, LES MOIS AUSSI"

Dans ses voeux du Nouvel An, Nicolas Sarkozy a promis vendredi soir de mobiliser "toutes nos forces" pour obtenir la libération des huit Français actuellement retenus en otages à l'étranger.

Outre les deux journalistes de France 3, enlevés en décembre 2009, cinq salariés d'Areva et d'une filiale de Vinci sont détenus au Sahel depuis le 16 septembre. Un agent de la DGSE a quant à lui été enlevé en juillet 2009 en Somalie.

Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière et leurs trois accompagnateurs afghans ont été pris en otages dans la vallée de la Kapisa, au nord-est de Kaboul, alors qu'ils tournaient un documentaire pour le magazine "Pièces à conviction".

Mercredi, lors d'un rassemblement devant l'Hôtel de ville de Paris, la mère de Stéphane Taponier a réclamé "des signes forts d'une véritable mobilisation nationale".

"Les promesses passent, les semaines et les mois aussi. Nous ne voulons plus que le gouvernement ou l'état-major nous bercent avec des propos optimistes (..) Nous voulons du concret", a dit Arlette Taponier.

Selon certains médias et des membres du comité de soutien aux deux journalistes, les négociations buteraient depuis plusieurs semaines sur la libération de prisonniers taliban réclamée par les ravisseurs.

"On essaie chaque jour, centimètre par centimètre, de progresser", a souligné mercredi le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, sur France Inter, tout en faisant état d'une situation "difficile" sur le terrain.

Laure Bretton