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Mur de séparation: lettre ouverte des Palestiniens chrétiens au pape François

Le mur est en construction depuis 2002.

Le mur est en construction depuis 2002. - -

Les chrétiens se mobilisent contre le mur de sécurité qui va séparer Bethléem de la ville de Jérusalem. Le pape François doit rencontrer cette semaine le président israélien.

Contre le mur de séparation, ils en appellent au pape François. La communauté palestinienne chrétienne des environs de Bethléem (Cisjordanie) lui a adressé lundi une lettre ouverte pour protester contre la décision israélienne de bâtir un mur de sécurité qui va séparer Bethléem de la ville de Jérusalem au profit de colonies.

"Nous sommes menacés de voir la plupart de nos terrains confisqués par l'occupant militaire israélien qui a déjà commencé à construire le fameux mur annexant la terre palestinienne chrétienne", écrivent les représentants de la ville chrétienne de Beit Jala, près de Bethléem, dans leur lettre au souverain pontife.

Le pape doit recevoir le président israélien

Les signataires accusent les autorités israéliennes de vouloir "séparer Bethléem et les régions avoisinantes de Jérusalem et de nos lieux saints". La ville est extrêmement symbolique pour les chrétiens puisqu’elle est considérée par certains comme le lieu de naissance de Jésus.

"Votre sainteté, votre élection nous a apporté l'espérance que les choses changeraient. Nous avons encore espoir", poursuit la missive envoyée à un moment stratégique. Le pape s'apprête à recevoir cette semaine le président israélien Shimon Peres, "un des principaux auteurs de la politique israélienne de colonisation en Palestine occupée", selon le texte.

La justice israélienne donne son aval au mur

Les chrétiens se mobilisent après une décision de la justice israélienne, qui s'est prononcée la semaine dernière en faveur du mur, dont la construction a été lancée en 2002. Une commission spéciale d'appel a rejeté les recours présentés par les propriétaires fonciers de Crémisan et par la Société Saint-Yves de Jérusalem, une association catholique de défense des droits de l'Homme qui représentait les religieuses d'un couvent salésien également affectées par le tracé du mur.

Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a déclaré la barrière illégale et exigé son démantèlement, de même que l'Assemblée générale de l'ONU. Israël avance des raisons sécuritaires pour justifier sa construction.