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Mort d'Arafat: les causes restent incertaines

Le professeur François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique et le professeur Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale, le 7 novembre 2013 à Lausanne.

Le professeur François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique et le professeur Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale, le 7 novembre 2013 à Lausanne. - -

Les analyses scientifiques menées en Suisse ne permettent pas de dire que le polonium est bien la cause de la mort du dirigeant Yasser Arafat, ont assuré jeudi des experts suisses.

La confusion qui règne autour des causes de la mort de Yasser Arafat n'est pas prête de cesser. "On ne peut pas dire que le polonium a été la source de la mort" d'Arafat, ont en effet indiqué jeudi des experts scientifiques suisses ajoutant cependant: "mais on ne peut pas l'exclure".

"Nos résultats soutiennent raisonnablement la thèse de l'empoisonnement", a expliqué le professeur François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique appliquée. Les experts ont mesuré des doses jusqu'à 20 fois supérieures à ce qu'ils ont l'habitude de mesurer. "Cela suppose forcément l'intervention d'un tiers", a déclaré le professeur François Bochud

Les résultats de ces analyses avaient été diffusés mercredi par la chaîne qatarie Al-Jazeera, soulignant l'hypothèse d'un empoisonnement au polonium.

Plus d'échantillons biologiques

Le professeur Bochud et son confrère le Dr Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de Médecine légale ont répondu jeudi aux questions en lien avec le rapport d'expertise remis mardi aux représentants de Souha Arafat, la veuve du leader palestinien, et de l'Autorité nationale palestinienne.

Yasser Arafat est mort à 75 ans le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la région parisienne, où il avait été transféré avec l'accord d'Israël qui l'assiégeait depuis plus de deux ans à la Mouqataa, siège de la présidence palestinienne à Ramallah.

Les causes de sa mort n'ont pas été élucidées, et nombre de Palestiniens accusent Israël, qui a toujours nié, de l'avoir empoisonné. Selon le professeur Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale, si les experts avaient pu obtenir des échantillons biologiques du leader palestinien après la mort d'Arafat le 11 novembre 2004 dans un hôpital de la région parisienne, ils auraient certainement pu être plus catégoriques, mais il n'en existe plus.

M.R. avec AFP