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Le Conseil de sécurité de l'ONU vote contre la résolution palestinienne

Le siège de l'ONU, à New York.

Le siège de l'ONU, à New York. - Don Emmert - AFP

La résolution palestinienne a recueilli dans la nuit 8 votes pour, dont celui de la France, frôlant l'adoption d'une voix. Le texte prévoyait notamment un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens d'ici douze mois, et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

A une voix près. Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté mardi une résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël, au sujet de laquelle les Etats-Unis avaient exprimé leur opposition bien avant le vote. La résolution a recueilli 8 voix pour, deux voix contre et cinq abstentions, alors qu'elle devait réunir 9 voix, sur les 15 du Conseil, pour être adoptée.

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont apporté leur soutien à la résolution. L'Australie et les Etats-Unis, proches alliés d'Israël, ont voté contre. Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus.

Le texte prévoyait notamment un accord de paix d'ici douze mois et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

Les Palestiniens avaient apporté lundi des modifications à leur projet qui prévoit Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappelle le caractère illégal du mur de séparation.

La France pour la résolution

"Cette résolution encourage les divisions et non un compromis", a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power. Elle a défendu la position américaine qui est de favoriser des pourparlers directs, estimant que "la paix viendra de choix et de compromis difficiles atteints à une table de négociations". Avant elle, lundi et mardi, Jeffrey Rathke, un porte-parole du département d'Etat, avait estimé que le calendrier fixé par le texte "posait des délais arbitraires" et souligné "l'inquiétude" des Etats-Unis au sujet de la sécurité d'Israël.

Les Etats-Unis n'auront donc pas eu besoin d'exercer leur droit de veto, dont ils se sont souvent servis pour bloquer des résolutions défavorables à Israël. Un veto américain risquait de provoquer la colère des pays arabes alliés des Etats-Unis dans la coalition qui combat les jihadistes de l'Etat islamique en Syrie et en Irak.

L'Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie, le Luxembourg ont rejoint la France, la Chine et la Russie en faveur de la résolution. La Lituanie, la Corée du Sud et le Rwanda se sont abstenus, comme le Royaume-Uni. Le Nigeria, qui devait soutenir la résolution, a changé d'avis à la dernière minute et s'est abstenu, selon des sources diplomatiques.

Israël "satisfait"

Mercredi, Israël s'est dit "satisfait" du rejet de cette résolution prônant la fin de l'occupation des Territoires palestiniens d'ici deux ans. "Tout Israélien qui souhaite une paix avec nos voisins ne peut être que satisfait des résultats de ce vote", a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi.

La France a soutenu le texte "poussée par l'urgence à agir", a affirmé devant le Conseil son ambassadeur François Delattre, exprimant sa déception que les efforts pour négocier un texte susceptible de faire consensus aient échoué.

Depuis Bruxelles, la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a estimé que le résultat du vote soulignait "une fois de plus l'urgence d'une reprise de véritables négociations entre les parties et la nécessité pour la communauté internationale de se concentrer sur des résultats concrets" pour parvenir à un accord final. L'objectif commun est de parvenir à un accord de paix global basé sur deux Etats "vivant côte à côte en paix, en sécurité, et en se reconnaissant mutuellement", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Avant le vote, l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant avait pointé des "difficultés" dans "des termes sur les délais, des nouveaux termes sur les réfugiés". Tentant de rallier des pays à sa cause, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait téléphoné ces deux derniers jours aux responsables de 12 pays et au président palestinien Mahmoud Abbas.

Réunion des dirigeants palestiniens mercredi 

Le représentant palestinien à l'ONU Riyad Mansour a accusé le Conseil de n'avoir pas su prendre ses responsabilités et promis de chercher ailleurs l'obtention d'une reconnaissance de la Palestine. "Les Palestiniens et le monde ne peuvent plus attendre. Ce message, en dépit de l'issue regrettable d'aujourd'hui, est tout à fait clair", a-t-il déclaré devant le Conseil.

Les dirigeants palestiniens doivent se réunir mercredi après-midi (à 17h30 heure française) à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, autour du président Mahmoud Abbas, qui doit annoncer lors de cette rencontre les prochaines mesures que les Palestiniens entendent prendre.

Les Palestiniens avaient dit qu'en cas de rejet de leur résolution ils chercheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale afin d'y mettre Israël en accusation pour crimes de guerre à Gaza.

Jé. M. et V.R. avec AFP