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Nucléaire iranien: Téhéran veut des "assurances" des signataires de l'accord

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif. - THOMAS PETER / POOL / AFP

Le ministre iranien des Affaires étrangères rencontrera mardi ses homologue français, allemand et britannique à Bruxelles pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien.

En visite à Moscou dans le cadre de son marathon diplomatique destiné à sauver l'accord nucléaire, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif a dit vouloir des "assurances" des signataires de ce texte abandonné avec fracas par les Etats-Unis.

Le tour des puissances

Deuxième étape de sa tournée diplomatique, Mohammad Zarif s'est entretenu ce lundi matin avec son homologue russe Sergueï Lavrov après des consultations à Pékin pendant le weekend et avant son arrivée à Bruxelles mardi où il rencontrera ses homologues français, allemand et britannique.

Au terme de ces entretiens à travers le monde, il aura alors fait le tour des cinq puissances qui, outre les Etats-Unis, avaient signé avec l'Iran cet accord historique en 2015, qui prévoyait une levée des sanctions visant l'Iran en contrepartie de l'engagement de la République islamique de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

"L'objectif final de tous ces pourparlers, c'est d'obtenir des assurances que les intérêts du peuple iranien, garantis par (l'accord) seront défendus", a déclaré Mohammad Zarif au début de l'entretien avec Sergueï Lavrov.

Rapprochement Est-Ouest 

Le chef de la diplomatie russe a de son côté estimé que Russes et Européens devaient "défendre de concert leurs intérêts" sur ce dossier.

La sortie des Etats-Unis entraîne un rapprochement entre Moscou et les Européens, rare vu les tensions de ces dernières années, alimentées par les dossiers syrien et ukrainien et récemment renforcées par l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre.

L'accord a été conclu en juillet 2015 après des années d'âpres négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Aux termes de l'accord, Téhéran a accepté de geler son programme nucléaire jusqu'en 2025.

"Prêt pour toutes les options" 

Les Iraniens espèrent désormais "être capables d'établir un cadre futur clair pour l'accord", avait déclaré Mohammad Zarif à Pékin, avertissant que l'Iran était "prêt pour toutes les options" si ses intérêts n'étaient pas assurés.

Vendredi, il avait d'ailleurs affirmé que Téhéran se préparait à reprendre "l'enrichissement industriel" d'uranium "sans aucune restriction" à moins que l'Europe ne fournisse de solides garanties de maintien des relations commerciales avec l'Iran.

M. F. avec AFP