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Le Liban reporte ses élections législatives

Le Parlement libanais, place de l'Etoile à Beyrouth

Le Parlement libanais, place de l'Etoile à Beyrouth - -

Le Liban va reporter ses élections législatives prévues en juin, en raison de l'incapacité des partis politiques à s'accorder sur une loi électorale et sur la Syrie.

Le Liban est dans l'impasse. Son Parlement a prolongé son mandat vendredi et a décidé de reporter les élections législatives, initialement prévues en juin, à novembre 2014. En cause? Des difficultés à s'accorder sur la loi électorale, et sur le dossier syrien. Explications.

> La loi électorale en question

La loi électorale qui régit la vie politique au Liban date de 2008. Il s'agit d'un compromis entre les différentes communautés du pays mais elle ne satisfait réellement personne, explique Reuters. "Le mode de scrutin et le découpage des circonscriptions (...) empêchent l’électorat chrétien de peser significativement dans le choix de près de la moitié de ses députés", précise RFI.

D'où l'idée de définir de nouvelles règles, afin de satisfaire tout le monde. Un projet de loi prévoyait ainsi que "les électeurs de chaque communauté religieuse (maronites, sunnites, chiites, arméniens orthodoxes, grecs catholiques, druzes, etc.) soient appelés à voter exclusivement pour des listes de candidats issus de leurs communautés respectives", relate France24.

Mais face aux divisions, les parlementaires ont voté ce vendredi la prolongation de leur mandat, à l'unanimité des 98 présents sur 128. Pour eux, la raison de cette prolongation est "la situation sécuritaire dans plusieurs régions libanaises, qui s'accompagne d'une escalade politique et une division souvent à caractère confessionnel". Le texte voté indique que "les tensions sécuritaires et politiques empêchent la tenue d'une campagne électorale".

"Ce qui se passe est pourtant illégal. Les incidents de sécurité ne représentent pas un cas de force majeure pour reporter les élections", a déclaré à l'AFP la doyenne de la faculté de Sciences politique de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, Fadia Kiwane. Un recours au Conseil constitutionnel devrait être déposé par les opposants à cette prolongation de mandat et par le chef de l'Eat, Michel Sleimane. Mais ce recours à peu de chance d'aboutir.

> Le dossier syrien

"Il faut rechercher la vraie raison de l'extension dans le fait que tous les partis veulent gagner du temps pour savoir qui, du régime ou de l'opposition, l'emportera en Syrie", a expliqué Fadia Kiwane à l'AFP. Chacun estimant bénéficier de la victoire de son camp.

Profondément divisé entre partisans du régime de Bachar al-Assad et soutiens aux rebelles syriens, le Liban est régulièrement le théâtre d'affrontements meurtriers entre militants des deux camps, notamment dans la grande ville du nord, Tripoli.

Car si les troupes syriennes ont quitté le pays en 2005 après 30 ans d'hégémonie sur le pays du Cèdre, Damas garde une influence importante grâce au mouvement chiite Hezbollah, seule formation armée du Liban, et de son allié chrétien Michel Aoun.

Après le vote sur le report des élections, il restera cependant à régler un problème difficile: la formation d'un nouveau gouvernement. Depuis sa nomination le 6 avril, le nouveau Premier ministre a été dans l'incapacité de former un nouveau cabinet, toujours en raison des divisions accentuées par la crise syrienne.

M.G. et V.D.