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La Syrie impute aux rebelles la tuerie de Houla

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères syrien, Jihad Makdesi, à Damas. Le régime de Bachar al Assad a imputé dimanche aux rebelles le massacre d'une centaine de personnes à Houla, dans le centre de la Syrie, qui a suscité une indignation int

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères syrien, Jihad Makdesi, à Damas. Le régime de Bachar al Assad a imputé dimanche aux rebelles le massacre d'une centaine de personnes à Houla, dans le centre de la Syrie, qui a suscité une indignation int - -

AMMAN (Reuters) - Le régime de Bachar al Assad a imputé dimanche aux rebelles le massacre d'une centaine de personnes à Houla, dans le centre de la...

AMMAN (Reuters) - Le régime de Bachar al Assad a imputé dimanche aux rebelles le massacre d'une centaine de personnes à Houla, dans le centre de la Syrie, qui a suscité une indignation internationale.

Les images des cadavres ensanglantés d'enfants allongés les uns à côté des autres ont provoqué un choc à travers le monde. Elles illustrent aussi l'échec du cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 12 avril dans le cadre d'un plan soutenu par les Nations unies et la Ligue arabe.

Les autorités syriennes ont accusé des "terroristes" d'être responsables de ce massacre, l'un des pires commis depuis le début du soulèvement contre le régime en mars 2011.

"Des femmes, des enfants et des vieillards ont été abattus. Ce ne sont pas là les signes de l'héroïque armée syrienne", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdesi.

Il a ajouté que le massacre avait été commis à la suite d'affrontements entre des insurgés et des soldats de l'armée régulière.

"Ils étaient équipés de mortiers et de missiles anti-char, ce qui traduit un saut quantitatif", a-t-il dit en évoquant l'arsenal dont disposent les insurgés.

D'après l'opposition syrienne, la tuerie s'est produite vendredi dans cette localité proche de la ville de Homs (centre). L'armée syrienne et des miliciens "chabbiha" installés à des barrages routiers autour de Houla ont ouvert le feu sur des manifestants hostiles au président Bachar al Assad.

Des combattants de l'Armée syrienne libre auraient répliqué avant que l'artillerie des forces régulières se mette en action.

COUPS DE MACHETTES

Toujours de même source, on ajoute que des "chabbiha" sont alors entrés dans la ville, où des dizaines de victimes auraient été massacrées à coups de machettes ou exécutées à bout portant.

Les observateurs des Nations unies qui se sont rendus sur place samedi ont recensé 32 enfants de moins de 10 ans parmi 92 victimes au moins. De nouveaux cadavres ont été découverts depuis, ont rapporté des opposants au régime.

Les observateurs n'ont pas précisé leur version des faits mais ont tout de même confirmé l'usage d'obus d'artillerie, dont seules les forces du régime disposent.

Les chancelleries occidentales et les pays arabes hostiles à Bachar al Assad ont tous accusé le régime alaouite de Damas d'être l'auteur de ce massacre, qui gonfle un peu plus le bilan d'environ 10.000 morts recensés depuis le début du soulèvement.

Le Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe les monarchies sunnites de la région, a exhorté la communauté internationale à "assumer ses responsabilités pour mettre fin au bain de sang quotidien en Syrie".

Catherine Ashton, responsable de la diplomatie de l'Union européenne, a dénoncé un "acte odieux commis par le régime syrien contre sa propre population civile".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a réclamé que les auteurs de cette tuerie rendent des comptes.

"Les Etats-Unis vont travailler avec la communauté internationale pour accroître la pression sur (Bachar al) Assad et sa clique dont le règne par le meurtre et la peur doit prendre fin", a-t-elle dit.

La France compte organiser prochainement à Paris une réunion du Groupe des amis de la Syrie, au sein duquel se retrouvent des pays occidentaux et arabes hostiles à Bachar al Assad.

Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est entretenu ce dimanche avec l'émissaire spécial de l'Onu et de la Ligue arabe, Kofi Annan, "pour faire le point de la situation en Syrie, au lendemain des massacres de Houla et à la veille du déplacement de M. Annan à Damas", a annoncé le Quai d'Orsay.

La Grande-Bretagne a fait savoir qu'elle réclamerait une réunion dans les prochains jours du Conseil de sécurité de l'Onu, paralysé jusqu'à présent en raison du refus de la Russie et de la Chine de condamner Damas.

Moscou n'a pas encore réagi officiellement aux morts de Houla.

Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français