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La mort de soldats français relance le débat sur l'Afghanistan

La mort de deux militaires français au nord-est de Kaboul a relancé le débat sur l'engagement de la France en Afghanistan. L'opposition de gauche a réitéré son exigence d'un calendrier de retrait et certains dans la majorité demandent même le départ des m

La mort de deux militaires français au nord-est de Kaboul a relancé le débat sur l'engagement de la France en Afghanistan. L'opposition de gauche a réitéré son exigence d'un calendrier de retrait et certains dans la majorité demandent même le départ des m - -

PARIS (Reuters) - La mort de deux militaires français au nord-est de Kaboul a relancé mardi le débat sur l'engagement de la France en Afghanistan....

PARIS (Reuters) - La mort de deux militaires français au nord-est de Kaboul a relancé mardi le débat sur l'engagement de la France en Afghanistan.

L'opposition de gauche a réitéré son exigence d'un calendrier de retrait et certains dans la majorité demandent même le départ des militaires français alors que Nicolas Sarkozy s'est toujours refusé à évoquer ces éventualités.

Lundi, le caporal Jean-Nicolas Panezyck et le lieutenant Lorenzo Mezzasalma sont tombés au combat lors d'une opération dans la province de Kapisa, ce qui porte le nombre de militaires français morts en Afghanistan à 47 depuis le début de l'intervention allié en 2001 et la chute du pouvoir taliban.

L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac de 2002 à 2005, Jean-Pierre Raffarin, a estimé mardi sur RMC que la guerre en Afghanistan était "terriblement meurtrière" et que la France devrait se retirer d'ici deux ans.

"Il y a là un forme d'impasse qui se dessine. Je pense qu'il serait sage pour la France de préparer le retrait de nos forces combattantes terrestres à l'horizon de 2012. Il faut profiter de ces deux ans pour dire clairement les choses, que nous devons substituer la coopération civile à la coopération militaire", a déclaré le sénateur centriste de la Vienne.

"L'idée selon laquelle on resterait là-bas en perdant des hommes et sans qu'il y ait de véritable avancées politiques est au fond une dimension qui n'est pas celle de la France", a-t-il ajouté.

ÉTABLIR UN CALENDRIER

Les socialistes, qui avaient soutenu en 2001 l'envoi par Jacques Chirac et Lionel Jospin de troupes en Afghanistan, ont infléchi leur position et en sont progressivement venus, depuis les débats parlementaires sur le sujet de 2008, à réclamer l'établissement d'un calendrier de retrait des troupes françaises.

"Il faut sortir par le haut de ce que j'appelle un bourbier, annoncer un retrait coordonné avec les Américains et appeler à une conférence internationale associant tous les Etats de la région", a demandé mardi l'ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès, dans le journal Le Parisien, qui pose en Une la question "Faut-il rester en Afghanistan?".

François Hollande, député (PS) de Corrèze, a précisé sur Europe 1 les étapes qu'il appelle de ses voeux.

"Il faut une évaluation de la présence française en Afghanistan à la fin de l'année; deuxièmement, il faut qu'avec nos alliés nous fixions mieux l'objectif, qui est l'afghanisation du conflit; troisièmement, il faut un calendrier de retrait", a-t-il expliqué.

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, a abondé dans le même sens sur France 2.

"Les Etats-Unis sont bien partis d'Irak, je pense qu'il est temps aujourd'hui de négocier un calendrier de retrait, bien sûr, en partenariat avec les puissances de cette partie du monde qui ont besoin de stabilité, en partenariat avec nos partenaires européens, parce que l'Allemagne elle-même s'interroge", a-t-elle dit.

De son côté, le Parti communiste demande un retrait de l'ensemble des alliés et l'ouverture d'un débat parlementaire.

"Les troupes françaises et l'ensemble des troupes de la coalition doivent être retirées dans les plus brefs délais", indique le PCF dans un communiqué.

En réponse à ces prises de positions, le secrétaire national chargé des questions de défense à l'UMP, Hervé Mariton, a justifié dans Le Parisien l'intervention française et a réfuté l'idée d'un calendrier de retrait.

"Notre mission et notre présence en Afghanistan sont utiles en Afghanistan, à l'Afghanistan, et à nos alliés. Elles sont indispensables dans la lutte contre le terrorisme international où ce pays, et sa zone frontière avec le Pakistan, occupent une place importante", a déclaré le député de la Drôme.

"Notre présence n'a pas vocation à être éternelle. Ni la France, ni l'Afghanistan n'ont intérêt à donner un calendrier", a-t-il ajouté.

Vincent Chauvet, édité par Yves Clarisse