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L'armée syrienne entre dans une ville proche de la Turquie

L'ARMÉE SYRIENNE PÉNÈTRE DANS LA VILLE DE BINNICH, PRÈS DE LA FRONTIÈRE TURQUE

L'ARMÉE SYRIENNE PÉNÈTRE DANS LA VILLE DE BINNICH, PRÈS DE LA FRONTIÈRE TURQUE - -

Des chars de l'armée syrienne sont entrés mardi dans la ville de Binnich, près de la frontière turque, rapportent des témoins, le jour de l'arrivée à Damas du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu.

Cinq civils ont par ailleurs été tués dans une opération des forces de sécurité menée près de la ville de Hama (centre), théâtre d'une offensive particulièrement sanglante de l'armée depuis maintenant dix jours, rapportent des militants locaux.

Selon l'Union de coordination de la révolution syrienne, cinq corps ont été transportés à l'hôpital de Jouach, dans la ville de Tibet al Imam, au nord de Hama. Deux fillettes de six et onze ans figurent parmi les victimes.

En visite à Damas, le chef de la diplomatie turque a exhorté le président Bachar al Assad à mettre un terme à la répression qui a tué, selon les militants des droits de l'homme, 1.600 civils depuis le début du mouvement, lancé mi-mars dans le sillage des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte.

Cinq mois après le début du mouvement de contestation inédit de son régime, Bachar al Assad reste sourd aux injonctions, toujours plus nombreuses, de la communauté internationale.

Plusieurs pays du monde arabe sont sortis de leur silence ces derniers jours pour condamner les récents assauts de l'armée syrienne contre les villes de Hama et Daïr az Zour (est).

La Ligue arabe a pour la première fois condamné la répression des manifestations pacifiques et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a annoncé une réunion prochaine sur la situation en Syrie.

ISOLEMENT

Au lendemain du rappel par l'Arabie saoudite et le Koweït de leur ambassadeur respectif à Damas, l'armée syrienne a donné l'assaut contre la ville de Binnich, dans la banlieue d'Idlib, la capitale provinciale, mardi à l'aube.

"La ville tout entière s'était rassemblée pendant la nuit après les prières du ramadan", raconte un habitant qui a réussi à s'enfuir.

Une colonne de chars progresse également vers le centre de la ville de Daïr az Zour, où l'armée a donné l'assaut dimanche, selon des habitants. "Ils sont maintenant à environ un kilomètre de la ville. Quand ils en ont fini avec un quartier, ils pénètrent dans un autre", racontre un habitant, Iyad.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé que la Turquie ne pouvait rester les bras croisés face à la situation en Syrie avec laquelle elle partage 850 km de frontière. Dimanche, un conseiller du président Assad a prévenu Ankara que Damas n'accepterait aucune ingérence étrangère dans ses affaires intérieures.

Selon un habitant de Daïr az Zour, au moins 65 civils ont été tués depuis le début de l'assaut lancé dimanche par les chars de l'armée syrienne dans cette ville sunnite située dans la vallée de l'Euphrate, à la frontière irakienne.

Le gouvernement syrien a affirmé, lui, que l'attaque n'avait pas eu lieu. Selon l'agence officielle Sana, "pas un seul char n'est entré dans Daïr az Zour" et les informations signalant la présence de chars dans la ville seraient "le fait de chaînes satellite provocatrices".

La Syrie impute les violences à des "groupes terroristes armés" et fait état de plus de 500 soldats et forces de sécurité tués depuis le début de la contestation.

Les informations provenant de Syrie sont difficiles à .confirmer depuis l'expulsion de la plupart des journalistes étrangers par les autorités syriennes.

Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser