BFMTV

Face à la vague de violence, Jérusalem se barricade

Des garde-frontières israéliens contrôlent des Palestiniens à un check-point matérialisé par des blocs de béton barrant la route, près du quartier arabe d'Essaouiya, à Jérusalem, le 16 octobre.

Des garde-frontières israéliens contrôlent des Palestiniens à un check-point matérialisé par des blocs de béton barrant la route, près du quartier arabe d'Essaouiya, à Jérusalem, le 16 octobre. - Ahmad Gharabli - AFP

Face aux violences entre Israéliens et Palestiniens, désormais quotidiennes à Jérusalem, la ville a déployé d'importants moyens policiers et militaires, et mis en place des check-points autour des quartiers palestiniens.

Une ville en état de siège. Les forces israéliennes ont été déployées massivement jeudi à Jérusalem, en proie à une vague d'attentats, tandis que des postes de contrôle ont été mis en place autour de Jérusalem-Est, dont la plupart des attaquants sont originaires. 

300 soldats en renfort dès dimanche

Les policiers et les garde-frontières, fusils en bandoulière, ont été postés sur les places publiques, aux carrefours et sur les grands axes de la ville, déambulant là où on ne les voyait pas auparavant. Trois cents soldats viendront en renfort aux policiers à Jérusalem dimanche, a dit l'armée. L'un des derniers déploiements importants de soldats dans les villes israéliennes remonte à 2002, au cours de la deuxième Intifada, en même temps qu'une vaste opération militaire israélienne en Cisjordanie occupée. 

L'appel à l'armée est supposé contribuer à endiguer les violences qui réveillent le spectre de l'Intifada, et rassurer une population en état d'alarme désormais permanent. 

Check-points israéliens

Plus tôt dans la semaine, le gouvernement israélien a annoncé une série de mesures pour endiguer la vague de violence qui touche le pays depuis le 1er octobre. Il a notamment autorisé le bouclage des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, d'où vient la très grande majorité des auteurs d'attentats. 

La mise en place de check-points est une mesure susceptible d'ajouter au ressentiment des Palestiniens dont elle complique la vie et les déplacements, par exemple ceux des enfants qui se rendent à l'école. Les forces israéliennes ont disposé des blocs de béton pour filtrer le passage aux entrées d'un autre quartier agité, Essaouiya. Les habitants doivent montrer patte blanche pour espérer passer.

Quinze jours de violences

Israël a également annoncé que les règles de port d'armes vont être assouplies, que les corps des auteurs d'attentats ne seront plus restitués à leur famille, et que 19 Palestiniens vont être déchus de leur titre de résidence à Jérusalem-Est.

Jérusalem et la Cisjordanie sont secouées depuis le 1er octobre par des heurts entre jeunes lanceurs de pierres et soldats israéliens, des agressions entre Palestiniens et colons et des attaques à l'arme blanche. Les violences ont fait sept morts côté israélien et une trentaine de morts côté palestinien, dont plusieurs auteurs d'attentats.

Ce vendredi, deux Palestiniens ont été abattus, l'un dans la bande de Gaza, lors de heurts près de la frontière avec Israël, l'autre près de la colonie de Kiryat Arba, alors qu'il s'était déguisé en photographe de presse pour approcher des soldats israéliens. 

Adrienne Sigel, avec AFP