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Coronavirus: pourquoi Israël a choisi de reconfiner sa population

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'un briefing sur l'épidémie de Covid-19 en Israël, à Jérusalem, le 13 septembre 2020

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'un briefing sur l'épidémie de Covid-19 en Israël, à Jérusalem, le 13 septembre 2020 - Yoav Dudkevitch © 2019 AFP

Un reconfinement de trois semaines a été annoncé dimanche par Israël face à une circulation active du virus qui inquiète les autorités à l'approche des fêtes juives. Une période où les familles se rassemblent et les fidèles se retrouvent dans les synagogues.

La nouvelle a divisé la classe politique israélienne. Dimanche soir, face à une nouvelle vague de contamination de coronavirus, Israël a annoncé mettre en place un reconfinement national de sa population, pour au moins trois semaines. Une décision prise par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, motivée par plusieurs facteurs allant des indicateurs du pays actuellement dans le rouge à la crainte de voir le virus se propager pendant les fêtes juives.

Près de 4000 contaminations par jour

Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouveaux cas positifs n'a cessé d'augmenter en Israël, passant de 400 à la fin du mois de juin à près de 4000 par jour en septembre, rapporte Thierry Oberlé, correspondant à Jérusalem du Figaro.

Selon les derniers chiffres communiqués à ce jour, 155.596 personnes ont été contaminées, 1056 sont actuellement hospitalisées et 1119 en sont mortes. Si les chiffres peuvent sembler modestes, ils prennent une autre dimension raménés à la population générale du pays, qui s'élève à 9 millions d'habitants.

Israël est, par ailleurs, devenu le deuxième pays au monde ayant enregistré le plus de cas de coronavirus par habitant au cours des deux dernières semaines après Bahreïn, selon des données collectées par l'AFP.

Cette circulation active du virus fait craindre le pire aux autorités concernant les capacités hospitalières du pays. Un rapport de l'organisme en charge de coordonner les données concernant le coronavirus, partagé dimanche par le quotidien israélien Haaretz, souligne ainsi que le taux croissant d'infections rapproche les hôpitaux du pays de leur capacité maximum d'accueil.

Des fêtes juives pas "comme d'habitude"

Si les mauvais indicateurs ont influencé le gouvernement dans sa décision de reconfiner la population, l'arrivée des fêtes juives a également joué.

La mesure entrera en vigueur à partir de vendredi pour la fête de Rosh Hashana, le nouvel an juif, se poursuivra pendant Yom Kippour et se terminera au dernier jour de Soukkot, vers le 9 octobre prochain, ont précisé les autorités.

L'idée est de limiter la propagation du Covid-19 pendant toutes les fêtes juives, au moment où les familles se rassemblent et les fidèles se retrouvent dans les synagogues.

"Notre but est de stopper la hausse. [...] Je sais bien que ces mesures nous imposent à tous un lourd tribut. [...] Ce n'est pas une période des Fêtes comme d'habitude, nous ne serons certainement pas en mesure de célébrer avec nos familles élargies", a expliqué dimanche soir Benjamin Netanyahu lors d'une allocution télévisée.

Les prières à dix personnes maximum sont autorisées dans les lieux fermés. Pour les lieux ouverts, la jauge s'élève à vingt personnes maximum.

Clément Boutin avec AFP