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S'appeler Saddam Hussein en Irak est un calvaire

Les homonymes de Saddam Hussein disent vivre un calvaire, en Irak.

Les homonymes de Saddam Hussein disent vivre un calvaire, en Irak. - -

Porter son nom était autrefois une fierté, c'est aujourd'hui un calvaire. En Irak, les homonymes de Saddam Hussein disent vivre une véritable malédiction.

Dix ans après la capture de Saddam Hussein, le simple fait de porter le même nom est devenu un fardeau. Or, de nombreux Irakiens, sunnites comme chiites, s'appellent Saddam Hussein. Jusqu'en 2003, les garçons étaient souvent baptisés "Saddam" en hommage au dictateur d'alors. Mais depuis sa chute, ses homonymes sont régulièrement victimes de menaces, d'agressions et rencontrent des difficultés pour trouver un emploi.

"Saddam a opprimé tellement de gens, ceux qui ont souffert de ses persécutions ont un très fort ressentiment à son égard. Ils s'en prennent donc à moi à cause de mon nom", confie Saddam Hussein Oulaiwi, 35 ans, qui vit avec sa famille à Aziziyah, une ville du sud-est de la capital,e Bagdad.

Enfant déjà, le fait de porter le même nom que le dictateur sunnite du pays lui causait des ennuis. Il raconte que ses enseignants étaient plus durs avec lui, lui fixant des objectifs quasi-impossibles à atteindre, pour ensuite le punir quand il n'y arrivait pas. Lorsqu'au début de son service militaire, il s'était présenté à un officier pour prendre son uniforme, ce dernier l'a agressé physiquement, jugeant insultant qu'un simple conscrit puisse porter le nom du dirigeant de l'Etat.

Dissimuler son identité pour sauver sa vie

Saddam Hussein Oulaiwi raconte avoir essayé de changer de nom en 2006, avant d'y renoncer devant le casse-tête administratif et le coût d'une telle démarche. "Ce nom était haï par ses ennemis. Surtout par ceux dont les proches ont été tués, emprisonnés ou déplacés", raconte-t-il. Un autre homonyme ajoute: "J'ai dû dissimuler mon nom pour sauver ma vie".

C'est dire si, dix ans après sa capture, le dictateur défunt suscite encore haine et ressentiment. Des centaines de milliers d'Irakiens, en majorité chiites et kurdes, sont morts sous son régime, tandis que de nombreux habitants ont souffert des conséquences de la guerre contre l'Iran puis de l'invasion du Koweït, à la fin des années 80.

S. D. avec AFP (vidéo: Julien Migaud-Muller)