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Irak: qui se bat pour reprendre Mossoul?

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CARTE - Les yeux de monde sont braqués sur Mossoul, où plusieurs forces internationales participent directement et indirectement à la reprise de la ville, dernier grand bastion de Daesh en Irak.

Difficile de s’y retrouver parmi les membres de la coalition militaire qui attaquent les jihadistes à Mossoul depuis une semaine. L’offensive qui doit reprendre le contrôle de la ville rassemble un large éventail de forces, aussi bien irakienne que internationales. Une dizaine de pays, de l’Europe aux Etats-Unis participent à la bataille. En effet, Mossoul représente la principale ville tenue par Daesh en Irak. Sa prise pourrait s’avérer un tournant décisif dans la lutte contre le groupe terroriste. Le point sur les forces en présence dans la région de Mossoul.

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Daesh

Les jihadistes, lourdement armés, ont eu plusieurs années pour peaufiner la défense de la cité où a été autoproclamé leur "califat". Mossoul, à cheval entre l'Irak et la Syrie, est une position stratégique pour Daesh. Les jihadistes se montrent prêt à tout sacrifier pour protéger leur dernier bastion depuis le récent recul de leur territoire en Irak et en Syrie.

Service de contre-terrorisme irakien (CTS)

Le CTS est un organisme indépendant du Ministère de la défense irakienne, originalement créé par les Etats-Unis. Il rassemble des combattants d’élite formés à l’antiterrorisme. Il a participé à la majeure partie des batailles engagées contre Daesh.

Armée irakienne

Revivifiée par sa formation reçue des conseillers américains, l'armée irakienne a tourné la page des débâcles face aux jihadistes en 2014. Elle joue désormais un rôle important dans les opérations menées contre l'organisation ultraradicale.

Police irakienne (IP et ISF)

Elle rassemble les forces spéciales, la police fédérale paramilitaire et des policiers locaux. Beaucoup de ces hommes ont quasiment eu un rôle de combattant dans la guerre contre les jihadistes.

Coalition

La coalition internationale anti-EI conduite par les Etats-Unis frappe depuis 2014 l'organisation jihadiste en Irak et en Syrie. Elle fournit entraînement, armes et équipements aux forces locales irakiennes. Des milliers d'hommes de la coalition ont été déployés en Irak, surtout pour des missions de formation.

Peshmergas

Les forces de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien (nord) doivent en théorie rendre des comptes à Bagdad, mais en pratique elles mènent librement leurs opérations contre les jihadistes dans le nord du pays.

Hachd al-Chaabi (milices chiites) 

Cette organisation créée en 2014 regroupe une myriade de groupes paramilitaires dominés par des milices chiites qui répondent officiellement du Premier ministre irakien. Les groupes les plus puissants, comme Ketaëb Hezbollah (Brigades du Parti de Dieu) sont souvent décrits comme patronnés par l'Iran.

Ces milices ont été aux avant-postes pour stopper la progression de l'EI et le chasser de villes qu'il avait conquises. Mais elles se sont rendues coupables de nombreuses exactions, comme des exécutions sommaires ou des enlèvements.

Forces iraniennes

L'Iran fournit conseil et assistance dans la lutte contre l'EI, notamment par le soutien financier de milices sur le terrain. Le général Qassem Soleimani, un des hauts responsables des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite de l'Iran, a maintes fois été photographié au cours de la guerre.

Forces turques

Déployées sur la base militaire de Bachiqa, au Nord de Mossoul, de laquelle elles ont mené des attaques à l'artillerie contre le groupe jihadiste, les troupes turques sont également présentes au Kurdistan. Cette implication a provoqué de vives tensions entre Bagdad et Ankara, qui insiste pour être associé à l'offensive, ce que le gouvernement irakien voit d'un mauvais oeil.

Emeline Gaube avec AFP