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Gaza: 55 Palestiniens tués par des tirs israéliens, journée la plus meurtrière depuis 2014

L'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, décidée unilatéralement par Donald Trump, a provoqué un bain de sang dans la bande de Gaza ce lundi. Des dizaines de milliers de Palestiniens manifestent contre cet événement et sont la cible de tirs israéliens.

Au moins 55 Palestiniens ont été tués ce lundi dans la bande de Gaza par des soldats israéliens près de la frontière avec Israël, où des dizaines de milliers de personnes manifestent contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade américaine dans l'Etat hébreu. Au fil des heures, le bilan n'a cessé de s'alourdir.

Des dizaines de morts, plus de 2.000 blessés

Ces 55 décès, annoncés par le ministère de la Santé dans l'enclave, portent à 95 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le début d'un mouvement de protestation massif le 30 mars. 

Huit enfants de moins de 16 ans se trouvent parmi les victimes, a annoncé l'ambassadeur palestinien à l'ONU. Plus de 2.000 Palestiniens ont par ailleurs été blessés lors de ces affrontements, a affirmé Riyad Mansour, ambassadeur palestinien à l'ONU, lors d'une conférence de presse.

  • Journée la plus meurtrière depuis 2014

Ce bilan qui n'a cessé de s'alourdir au fil des heures fait aussi de cette journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l'enclave sous blocus.

Le gouvernement palestinien établi en Cisjordanie occupée a accusé Israël d'avoir commis un "horrible massacre" à Gaza. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "particulièrement inquiet". L'Union européenne a exhorté toutes les parties à "la plus grande retenue". Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé un recours injustifié aux tirs à balles réelles, la première fustigeant une "violation abjecte" des droits de l'Homme et des "crimes de guerre".

Macron condamne les violences israéliennes, la Turquie rappelle son ambassadeur

Dans la soirée, un communiqué de l'Elysée nou apprenait qu'Emmanuel Macron s'était entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie et avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ce lundi. Il doit parler ce mardi avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Sur le fond, le texte note que le chef de l'Etat a "condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants". "Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques", a-t-il poursuivi.

Le président de la République a réaffirmé son opposition au transfert de l l'ambassade américaine à Jérusalem. "Le Président Emmanuel Macron a souligné le droit des Palestiniens à la paix et à la sécurité. Il a réaffirmé son attachement à la sécurité d’Israël et la position française constante en faveur d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues", est-il écrit. 

En-dehors de la France, le scandale international est de vaste ampleur. L'Afrique du sud a annoncé le rappel de son ambassadeur en Israël. "En raison du caractère grave et aveugle de la dernière attaque israélienne, le gouvernement sud-africain a décidé de rappeler l'ambassadeur Sisa Ngombane avec effet immédiat", a lancé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué au sujet de la répression dans la bande de Gaza. "Les victimes étaient en train de participer à des manifestations pacifiques contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem qui constitue une provocation", estime le texte qui condamne "l'agression violente des forces armées israéliennes".

Le président turc, qui s'exprimait ce lundi devant des étudiants turcs à Londres, a lui rappelé pour consultations les ambassadeurs de son pays respectivement en poste en Israël et aux Etats-Unis. "Ce qu'Israël a fait est un génocide. Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d'où qu'il vienne, d'Israël ou d'Amérique", a-t-il expliqué. "Israël sème le terrorisme d'Etat. Israël est un Etat terroriste", a-t-il encore posé. 

Inauguration en grande pompe

  • A Jérusalem, l'inauguration de l'ambassade a été célébrée dans une ambiance de fête. Officiels américains et israéliens endimanchés ont célébré en grande pompe un moment "historique" et la force de leur alliance sous une vaste tente blanche plantée dans l'enceinte de la nouvelle ambassade, en présence d'Ivanka Trump, la fille du président américain, et de son époux Jared Kushner.

Une vidéo de Donald Trump a été diffusée pendant la cérémonie. "Félicitations, cela faisait longtemps qu'on attendait", a-t-il déclaré. Comme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rayonnant, après lui, Donald Trump a justifié sa décision comme la reconnaissance d'une réalité historique.

M.F., C.V. et R.V. avec AFP