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Arabie saoudite: Raef Badaoui, blogueur et condamné au fouet pour "insulte à l'Islam"

Le blogueur saoudien Raef Badaoui, ci-dessus en 2012, sur un cliché diffusé par sa famille

Le blogueur saoudien Raef Badaoui, ci-dessus en 2012, sur un cliché diffusé par sa famille - FAMILY ALBUM - AFP

Raef Badaoui, emprisonné depuis 2012, est l'animateur du site internet Liberal Saudi Network et a été le lauréat en 2014 du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse.

Alors que le roi Abdallah est mort en Arabie saoudite dans la nuit de jeudi à vendredi, le blogueur Raef Badaoui reste condamné à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". Jeudi, la flagellation avait de nouveau été reportée sur avis d'une commission médicale, a indiqué Amnesty International. Pour autant une vague d'indignation est née. 

Raef Badaoui, 31 ans, a été condamné en novembre dernier à dix ans de prison, une amende de 1.000 riyals (266 dollars) et 1.000 coups de fouet répartis sur 20 semaines. Il a reçu ses premiers 50 coups de fouet le 9 janvier dernier devant une mosquée de Jeddah, dans l'ouest du pays. Son épouse, Ensaf Haidar, exilée au Canada avec les enfants du couple, a indiqué à l'AFP avoir été notifiée par l'ONG du nouveau report.

La semaine dernière, les prochaines séances de flagellation du blogueur avaient été reportées car les plaies des premiers coups de fouet n'avaient pas suffisamment cicatrisé, selon son épouse et Amnesty International.

Critique de la "police religieuse et des fatwas"

Amnesty international a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de Raef Badaoui, emprisonné depuis 2012. Il était l'animateur du site internet Liberal Saudi Network et a été le lauréat en 2014 du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse.

Souad Chammari, qui militait pour les droits de l'Homme aux côtés de Raef Badaoui, avait indiqué lors de sa condamnation que le site qu'il animait avait "critiqué la police religieuse et certains agissements et fatwas".

Selon son épouse, le procès contre son mari portait essentiellement sur des déclarations à France 24 en décembre 2010. "Un athée a le droit de dire ce qu'il veut (...) et personne n'a le droit de lui réclamer des comptes pour ses opinions", avait-il dit alors à la chaîne basée à Paris.

S.A. avec AFP