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L'Afghanistan annonce la mort du chef des talibans

Image tirée d'une des rares vidéos montrant le mollah Mansour.

Image tirée d'une des rares vidéos montrant le mollah Mansour. - SITE Intelligence Group - AFP

Les autorités afghanes ont confirmé dimanche la mort du mollah Akhtar Mansour, chef des talibans dans le pays, dans une frappe américaine par drones au Pakistan.

D'abord annoncée par un responsable américain, la mort du mollah Akhtar Mansour a été confirmée dimanche par les autorités d'Afghanistan. Le chef des talibans dans le pays a été tué dans une frappe américaine par drones au Pakistan. Sa mort a également été confirmée à l'agence AP par le mollah Abdul Rauf, un haut commandant taliban. Le Pakistan en revanche ne s'est pas encore exprimé officiellement.

Des frappes autorisées par Barack Obama

Le bombardement a été mené à l'aide de plusieurs drones des forces spéciales américaines au Pakistan, dans une zone reculée, "au sud-ouest de la ville d'Ahmad Wal", selon un responsable américain. Selon cette source, le chef taliban a "probablement" péri dans cette frappe, autorisée par le président Barack Obama. Washington n'a informé Islamabad et Kaboul du raid qu'une fois celui-ci terminé, d'après un haut responsable de la Maison Blanche.

Le raid a "totalement détruit" la voiture dans laquelle circulaient deux individus dont les dépouilles sont "méconnaissables", a indiqué à l'AFP un responsable des services de sécurité pakistanais. Les deux cadavres ont été transférés vers un hôpital de Quetta, le chef-lieu de la province du Baloutchistan, a précisé un autre responsable.

En déplacement à Naypyidaw, la capitale birmane, le secrétaire d'Etat John Kerry a expliqué que le mollah Mansour avait été visé parce qu'il représentait "une menace imminente pour le personnel américain, les civils afghans et les forces de sécurité afghanes".

Incertitudes sur l'avenir des talibans

Le raid est intervenu alors que le gouvernement afghan est mis à rude épreuve par les talibans qui ont multiplié les attentats ces derniers mois. Lors de la dernière attaque d'envergure, 64 personnes sont mortes dans un attentat-suicide perpétré contre un bâtiment des services de renseignement à Kaboul en avril. Sur le terrain militaire, ils sont parvenus à prendre brièvement la grande ville de Kunduz, au nord de l'Afghanistan, à l'automne.

Sous la houlette du mollah Mansour, les talibans afghans se sont aussi montrés rétifs à la reprise des pourparlers de paix avec Kaboul entamés l'été dernier. Mais la mort du mollah Mansour porte un coup sévère à un mouvement islamiste qui doit faire face à l'éparpillement de ses troupes, dont certaines ont fait défection et rejoint les rangs du groupe État islamique (EI).

Le mollah Mansour avait pris la tête du mouvement islamiste en juillet 2015 après l'annonce-surprise de la mort, deux ans auparavant, de son fondateur, le mollah Omar. Nombre de ses rivaux d'alors devraient de nouveau être sur les rangs pour lui succéder. Parmi eux figurent ses deux adjoints, Sirajuddin Haqqani et Haibatullah Akhundzada, ancien chef des tribunaux des talibans, ou encore le mollah Yacoub, fils du défunt mollah Omar.

H. M. avec AFP