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Merkel: l'afflux de migrants va "changer" l'Allemagne

Angela Merkel, chancelière allemande le 2 septembre 2015

Angela Merkel, chancelière allemande le 2 septembre 2015 - JOHN MACDOUGALL / AFP

Après un week-end où près de 20.000 migrants sont arrivés en Allemagne, Angela Merkel a fait la promesse de travailler afin que cette crise se transforme en changements "positifs".

L'Allemagne va être "changée" par l'afflux massif de migrants, a estimé lundi la chancelière Angela Merkel, qui a promis de travailler pour que ces changements soient "positifs" pour le pays.

"Ce que nous vivons est quelque chose qui va continuer de nous occuper dans les années à venir, nous changer, et nous voulons que le changement soit positif et nous pensons que nous pouvons y arriver", a-t-elle déclaré à la presse.

20.000 réfugiés en un week-end

Évoquant un week-end "saisissant et émouvant", qui a vu l'arrivée en Allemagne de quelque 20.000 réfugiés venus pour beaucoup de Syrie, la chancelière conservatrice s'est "réjouie que l'Allemagne soit devenue un pays avec lequel les gens associent de l'espoir, c'est quelque chose de très précieux si on regarde notre histoire".

Affirmant, comme à plusieurs reprises la semaine dernière, sa conviction que l'Allemagne allait pouvoir accueillir et intégrer les réfugiés qui arrivent par milliers, Mme Merkel a toutefois appelé à un "effort de l'Union européenne". "Nous ne viendrons à bout de la tâche qu'au moyen de solidarité européenne".

"L'Allemagne, l'Autriche et la Suède ne peuvent pas être les seuls"

"L'Allemagne, l'Autriche et la Suède ne peuvent pas être les seuls pays qui accueillent des réfugiés", a renchéri le vice-chancelier et ministre de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, lors de la même conférence de presse. "Cela ne va pas (pour certains pays) de dire: 'Je n'ai rien à voir avec cela'", a critiqué la chancelière.

Mais "je crois que la dynamique de ce qui se passe ne sera pas sans effet". Mme Merkel, M. Gabriel et le président du troisième parti qui compose la coalition au pouvoir à Berlin, le Bavarois Horst Seehofer, se sont mis d'accord dans la nuit sur une nouvelle enveloppe financière de 6 milliards d'euros pour l'accueil et l'intégration des réfugiés, dont 3 milliards d'euros seront versés aux Etats régionaux et aux communes.

Une loi le 24 septembre à Berlin

Berlin veut aussi accélérer les procédures d'examen des demandes d'asile, revoir le système d'allocations financières accordées aux demandeurs d'asile, et orienter son budget d'aide au développement vers la prévention des migrations. Le gouvernement veut présenter des lois sur un certain nombre de points d'ici le 24 septembre, pour un passage au parlement en octobre.

"Nous savons que nous avons été rapides quand il s'est agi de sauver les banques (pendant la crise financière), je trouve que nous devons être tout aussi rapides quand il faut soutenir les Länder et les communes", a dit Mme Merkel. L'Allemagne, première économie européenne, attend cette année 800.000 demandeurs d'asile.

Parmi les défis qui en découlent, il faudra "maintenir la cohésion de notre pays", a plaidé M. Gabriel, "il faut enlever aux gens qui ont des peurs et des inquiétudes leurs peurs, leur montrer qu'il n'y pas de rapport de concurrence" entre les nouveaux arrivés et eux.

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la rédaction avec AFP