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Marée noire : des pêcheurs témoignent

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En colère et tristes, les pêcheurs menacés par la marée noire qui s’approche des côtes du golfe du Mexique, gardent tout de même espoir. Reportage en Louisiane.

La marée noire qui s'approche des côtes du golfe du Mexique, laisse présager une catastrophe écologique et économique. Et tandis que Barack Obama met la pression sur BP, une course contre la montre s’est engagée, à 1500 mètres sous la mer. Les meilleurs experts pétroliers du monde travaillent pour boucher le puits de pétrole qui crache 800.000 litres de brut par jour. La nappe de pétrole qui menace toutes les côtes du Sud du pays, mesure désormais 200 km de long.

« Ça nous coûte 2000 dollars par jour »

Sur place, les pêcheurs, ostréiculteurs et éleveurs de crevettes sont désemparés. Ils doivent faire face à la pollution des côtes. « C’est un grand désastre, explique Jude, qui produit de la crevette depuis 28 ans et s'inquiète d'une aide « très désorganisée » selon lui : Je me sens en colère, triste… Ça va nous coûter environ 2000 dollars par jour. »

« Comme pour Katrina, nous survivrons ! »

Tous ceux qui vivent de la mer craignent en effet les jours qui viennent. Ils fournissent 40% de la production américaine. Ray est pêcheur à Venice en Louisiane et il s'est vu proposé, comme tous ses confrères, de partir en mer pour aider BP à contenir la nappe. Certes, c'est une sacrée ironie de la situation que de travailler pour celui par qui ses ennuis arrivent, mais « nous devons nettoyer et repartir au travail, ajoute-t-il, triste. On ne sait pas comment ça va se finir, mais on va tous travailler ensemble. » Evoquant l’ouragan Katrina, il conclue : « nous y avons survécu, alors nous survivrons à cette crise, aussi ! »

« Ce pourrait être aussi un désastre écologique »

Nicolas Marsan, envoyé spécial d'RMC à Venice en Louisiane, a rencontré des dizaines de pêcheurs en colère. Et sur le bateau de l’un d’eux, Captain Chris, il a parcouru des marécages à la faune et la flore d’une richesse unique, et des millions de crevettes qui échappent aux filets des pêcheurs et représentent aussi des millions de dollars noyés. « C’est un désastre économique, explique le capitaine. Toute la région dépend de la pêche. Mais ce pourrait être aussi un désastre écologique, si la nappe touchait cette zone si fragile. Le pétrole stagnerait et ici, c’est impraticable à pieds, donc impossible à nettoyer et ce serait toutes les espèces animales qui seraient menacées. »

La Rédaction, avec Nicolas Marsan