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Mali : « On se sent abandonnés »

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Les ONG se sont repliées dans la capitale Bamako. Mais des centaines de familles fuient les combats et se retrouvent sans aide. Le directeur d’un centre d’aide malien appelle les ONG à revenir. « Nous les attendons », dit-il.

Toutes les ONG, les organisations non gouvernementales, se sont repliées dans la capitale malienne. Elles ont quitté toutes les zones où chaque jour des centaines de familles qui ont fui les combats viennent se réfugier.
Ces dernières semaines, 32 000 personnes sont arrivées, par exemple, ces dernières semaines dans la province de Ségou, à mi-chemin entre Bamako et le grand Nord tenu par les islamistes. Des familles qui fuient les combats à Gao, Tombouctou, Konna mais aussi Diabali. Ce sont surtout les femmes et les enfants qui partent.

« Je suis en colère »

Arrivés dans la ville de Ségou, ils se réfugient chez des amis ou dans des appartements mais ils n’ont plus les moyens de se nourrir et de se soigner. Et les autorités locales maliennes n’ont plus rien à leur donner. Les entrepôts de stockage de nourriture sont vides depuis le début du mois de janvier.
Dans le centre d’aide de Ségou, Salma est venue demander de la nourriture. « Ils ne peuvent rien nous donner », déplore-t-elle. Salma est touareg, elle arrivée de Tombouctou début janvier. Sa sœur Fatimata l’a rejoint avec ses enfants et des neveux. Aujourd’hui, les deux femmes ont à leur charge 11 enfants. « Je suis en colère. On envoie des soldats mais on n’a pas pensé aux femmes et aux enfants. On se sent vraiment abandonnés, raconte Salma. Nous n’avons rien, on ne mange pas correctement. Les enfants sont malades. On a besoin d’aide. Vraiment ».

« Nous les attendons »

Ibrahimi Touré est le directeur du centre d’aide de la région de Ségou. Il appelle les ONG à revenir dans la région : « C’est un appel qu’on lance à côté de l’aide militaire. Il y a ceux qui se défendent avec les armes et ceux qui se défendent sur le plan humanitaire pour vivre. Je pense qu’on peut demander à ces ONG de revenir pour nous aider. Nous comprenons qu’elles soient parties parce qu’on leur a demandé de partir. Nous les attendons ».

La Rédaction, avec Céline Martelet