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Londres : reportage au cœur des violences

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Depuis samedi et la mort d’un trafiquant de drogue présumé dans un quartier pluriethnique défavorisé de Londres, la capitale britannique est le théâtre d’émeutes et de pillages. Reportage dans l'un des foyers de ces violences, où la population est inquiète.

Des scènes de guerre dans la capitale britannique. Londres vient de vivre une 3e nuit d'émeutes particulièrement violentes : pillages, immeubles en flammes... Les violences se propagent maintenant à d'autres villes du pays : Birmingham, Liverpool... Le Premier ministre britannique, David Cameron a écourté ses vacances en Toscane, pour revenir d'urgence à son poste.
Depuis le début des violences samedi soir dans le quartier pluriethnique défavorisé de Tottenham, dans le nord de la capitale, plus de 200 suspects ont été interpellés dans les rues de Londres.

Reportage RMC à Londres, où notre envoyée spéciale Jamila Zeghoudi, a passé la nuit dans le quartier de Hackney, l'un des foyers des violences, dans l'est de la capitale.

« Tout le monde en a marre »

Jordan appartient à la communauté noire, il vit dans le quartier défavorisé de Hackney. Pour lui, c'est la police qui a tout déclenché en tuant jeudi dernier Mark Duggan, un jeune trafiquant de drogue présumé : « C’est la police qui a donné aux gens une excuse pour agir. La police a tiré pour tuer et ils n’ont pas à faire ça. C’est une vengeance oui, ça doit être œil pour œil, dent pour dent ; ils ne peuvent pas continuer à tuer d’innocentes personnes. Ils disent que c’est le mec [ndlr, Mark Duggan] qui a tiré sur les flics, mais en fait il n’a pas tiré sur la police, ce sont les flics qui se sont tirés dessus eux-mêmes. Ce n’est pas juste une révolte de noirs ; il y a des blancs et des noirs, c’est une révolte qui unit toutes les communautés ; tout le monde en a marre ».

« Ils le font pour l’amusement, en fait… »

Marianne, une Londonienne de 53 ans, vit aussi à Hackney. Hier lundi après-midi, elle s'est retrouvée coincée entre les cordons de police et les émeutiers : « J’étais effrayée pendant que ça se passait. Quelqu’un a jeté une bouteille en verre qui est passée juste au dessus de ma tête. J’ai essayé de m’enfuir d’ici ; c’est vraiment effrayant ; beaucoup de jeunes courraient avec des enfants. Je pense vraiment qu’ils le font pour l’amusement en fait. C’est trop, ils vont beaucoup trop loin. Ils utilisent leur Blackberry pour se donner rendez-vous, ils se rejoignent et après il y en a partout ; c’est complètement dingue ! ».

« Des vols et des brutalités, qui sont l’œuvre d’opportunistes »

Face à la crise, réunion d'urgence à Londres, David Cameron écourte ses vacances. Et hier, en attendant son retour, le vice-Premier ministre, Nick Clegg, est monté au front, promettant une réponse policière très ferme. A ses yeux, ces jeunes n'ont aucune revendication sociale ou économique : « Ces violences n’ont absolument rien à voir avec la mort de monsieur Duggan. Ce ne sont rien de plus que des vols et des brutalités, qui sont l’œuvre d’opportunistes et c’est totalement inacceptable. Dans cette histoire, les personnes qui souffrent sont les commerçants qui ont perdu leur boutique, les familles qui ont perdu leur maison, et tous ceux qui se sentent aujourd’hui terrorisés dans leur quartier. C’est pourquoi le gouvernement se tient aux côtés de ces gens qui condamnent sans aucune hésitation les vols et les agressions ».

La Rédaction, avec Jamila Zeghoudi