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Les forces libyennes résistent, Mouammar Kadhafi jure de vaincre

Manifestation de joie des insurgés libyens près d'Ajdabiah. La puissance de feu des armées occidentales a cloué au sol les avions libyens et stoppé l'avancée des troupes kadhafistes vers Benghazi, fief du soulèvement de la mi-février, mais les insurgés ne

Manifestation de joie des insurgés libyens près d'Ajdabiah. La puissance de feu des armées occidentales a cloué au sol les avions libyens et stoppé l'avancée des troupes kadhafistes vers Benghazi, fief du soulèvement de la mi-février, mais les insurgés ne - -

par Maria Golovnina et Michael Georgy TRIPOLI (Reuters) - Le colonel Mouammar Kadhafi, dont les forces résistent aux insurgés malgré quatre jours de...

par Maria Golovnina et Michael Georgy

TRIPOLI (Reuters) - Le colonel Mouammar Kadhafi, dont les forces résistent aux insurgés malgré quatre jours de raids aériens, est apparu mardi soir à Tripoli en promettant la défaite aux forces internationales engagées en Libye.

La puissance de feu des armées occidentales a cloué au sol les avions libyens et stoppé l'avancée des troupes kadhafistes vers Benghazi, fief du soulèvement de la mi-février, mais les insurgés ne parviennent pas à regagner du terrain.

Les rebelles sont revenus aux portes d'Ajdabiah, carrefour stratégique à 160 km à l'ouest de Benghazi dont ils avaient été chassés la semaine dernière, sans pouvoir déloger les forces kadhafistes, qui continuent par ailleurs à pilonner Misrata, troisième ville du pays à 200 km à l'est de Tripoli.

Sur le plan diplomatique, la coalition est engagée dans un vif débat sur le bien-fondé de transférer le commandement des opérations à l'Otan et les critiques des frappes aériennes se poursuivent, en particulier dans les pays émergents.

Au moins deux explosions ont secoué Tripoli mercredi avant l'aube, mais aucun tir de batterie antiaérienne n'a retenti dans la capitale, rapportent les journalistes de Reuters sur place.

Depuis samedi, les forces occidentales ont effectué plus de 300 sorties aériennes et plus de 160 missiles Tomahawk ont été tirés sur la Libye pour imposer une zone d'exclusion aérienne, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force pour protéger les civils.

Mais, a reconnu le président américain Barack Obama dans une interviews à CNN, Mouammar Kadhafi pourrait "se tapir" et attendre la fin de l'intervention militaire internationale.

"NOUS FINIRONS PAR VAINCRE"

Le colonel libyen est apparu en public pour la première fois depuis le 15 mars, dans sa résidence-caserne de Tripoli où ses partisans se pressent depuis plusieurs jours pour servir de boucliers humains en cas d'éventuelles attaques.

"Nous ne nous rendrons pas", a lancé Kadhafi à la foule. "Nous finirons par vaincre", a-t-il dit dans ce discours retransmis en direct à la télévision. "Cet assaut est mené par une bande de fascistes qui finiront dans les poubelles de l'histoire", a-t-il martelé.

Le gouvernement libyen assure que son armée ne fait que se défendre contre des attaques rebelles mais les insurgés et les habitants de Misrata ont déclaré que les chars gouvernementaux avaient poursuivi le pilonnage de la ville et fait 40 morts dans la seule journée de lundi. La petite de Zintane, près de la frontière tunisienne, a également été bombardée.

La situation à Misrata, ville tenue par les rebelles et assiégée depuis des semaines, est de plus en plus désespérée, notamment à l'hôpital où les équipes sont épuisées et manquent de médicaments.

"La situation ici est catastrophique", a déclaré un habitant. "Nous demandons aux organisations humanitaires d'intervenir le plus vite possible pour apporter des vivres et une aide médicale."

Dans l'Est, les insurgés, dépourvus d'armes lourdes, de commandement, de moyens de communication voire de stratégie, piétinent devant Adjabiah, sans tenter de progresser vers la ville car les forces loyalistes y restent puissantes.

"PILOTAGE POLITIQUE"

Alors que des experts s'inquiètent d'un risque d'enlisement du conflit, que le débat enfle aux Etats-Unis sur la durée et le coût de cette mission mandatée par l'Onu mais menée essentiellement par les Occidentaux, Barack Obama souhaite céder dans les jours à venir le commandement militaire de l'opération, actuellement assuré par l'armée américaine.

La France, un des principaux pays engagés dans l'opération avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, exclut de déléguer ce commandement à l'Otan de crainte de s'aliéner le soutien des pays arabes. La Turquie y est également opposée.

Obama s'est entretenu mardi avec le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron et un accord a été trouvé, a déclaré la Maison blanche.

L'idée est de s'appuyer sur les structures de commandement de l'Alliance atlantique tout en plaçant l'opération sous la direction politique d'un "organe de pilotage" constitué de pays occidentaux et arabes. Paris a précisé que ce "pilotage politique" de l'opération ferait l'objet d'une réunion des pays de la coalition dans les jours qui viennent.

A Paris, malgré quelques bémols et mises en garde, une quasi-unanimité a prévalu au Parlement dans le débat sur l'intervention militaire en Libye, où la France parle déjà d'organiser la paix.

Tripoli a ordonné la libération de trois journalistes, dont deux de l'Agence France-Presse, capturés par les forces libyennes dans l'est du pays.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

REUTERS