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Les forces de Kadhafi tentent de reprendre Zaouïah

Des insurgés libyens ouvrnet un feu anti-aérien près de Ben Djaoudad, cité située entre Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, et l'Est qu'ils contrôlent. Tandis que les rebelles s'approchent de Syrte, les forces fidèles au colonel ont tenté samedi d

Des insurgés libyens ouvrnet un feu anti-aérien près de Ben Djaoudad, cité située entre Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, et l'Est qu'ils contrôlent. Tandis que les rebelles s'approchent de Syrte, les forces fidèles au colonel ont tenté samedi d - -

par Maria Golovnina et Mohammed Abbas ZAOUÏA/BEN DJAOUAD, Libye (Reuters) - Des insurgés libyens ont dit avoir repoussé samedi deux attaques des...

par Maria Golovnina et Mohammed Abbas

ZAOUÏA/BEN DJAOUAD, Libye (Reuters) - Des insurgés libyens ont dit avoir repoussé samedi deux attaques des forces de Mouammar Kadhafi sur la ville de Zaouïah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, tandis qu'en provenance de l'est d'autres insurgés progressaient vers la ville natale du "guide" libyen.

La capitale est l'ultime objectif des rebelles, qui ont pris vendredi dans l'Est le contrôle du port de Ras Lanouf et de son important terminal pétrolier. Ils ont dit avoir aussi enlevé la ville de Ben Djaouad, à 525 km à l'est de la capitale, et marcher en direction de Syrte, où est né Kadhafi.

A Zaouïah, les insurgés ont dit qu'une seconde offensive gouvernementale avait été repoussée. "Après l'attaque du matin, il ont de nouveau attaqué. Ils sont entrés par l'ouest et ont tiré des roquettes sur les immeubles de la place centrale", a déclaré un porte-parole des insurgés, Youssef Chagane.

"Nous sommes en bonne position. Ils attaqueront de nouveau, cette nuit, pensons-nous", a-t-il ajouté. En prévision de ce nouvel assaut, des rebelles armés ont pris position sur les toits et dressé des barrages autour de la place centrale.

AU MOINS 30 MORTS DANS LA MATINÉE

"Les combats se sont intensifiés et les chars pilonnent tout sur leur passage. Ils ont bombardé des maisons et maintenant une mosquée où sont réfugiés des centaines de gens", déclarait un peu plus tôt à Reuters un habitant, Abou Akil. Un autre habitant présent faisait état d'une vingtaine de chars.

Samedi matin, les pro-Kadhafi avaient opéré une première incursion dans le centre de Zaouïah mais en avaient été repoussés. Selon des témoins, ils ont fait usage de puissants explosifs et enlevé des civils à leurs domiciles.

Zaouïah est le théâtre de combats depuis plus d'une semaine, les rebelles inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne s'étant assuré le contrôle d'une grande partie de l'est de la Libye. Kadhafi est au pouvoir depuis 1969.

Selon un médecin de Zaouïah, 30 personnes au moins, des civils pour la plupart, ont été tuées durant les affrontements de samedi matin, ce qui porte à 60 morts le bilan de deux journées de combats pour le contrôle de la ville. Une journaliste de la chaîne britannique Sky a dit avoir vu huit soldats morts et cinq blindés en flammes sur la place centrale.

Le médecin a dit que les chars de Kadhafi avaient ouvert le feu sur des immeubles d'habitation et des voitures de particuliers cherchant à s'enfuir : "Il y a beaucoup de destructions en ville. En regardant autour de moi, je ne vois que des destructions. Des immeubles bombardés et des voitures en flammes de tous les côtés - je ne peux même pas les compter."

Un combattant de l'opposition a juré de poursuivre la lutte jusqu'au bout. "Kadhafi n'entrera jamais dans cette ville. Il ne mettra jamais le pied ici. Pour qu'il puisse entrer dans la ville, il faudra que nous soyons tous morts", a dit cet insurgé de Zaouïah en demandant à garder l'anonymat.

LE SYMBOLE DE SYRTE

Dans l'est de la Libye, des insurgés ont déclaré à Reuters qu'ils faisaient mouvement vers l'ouest après avoir évincé vendredi les forces de Kadhafi de Ras Lanouf et pris le contrôle de Ben Djaouad, à 525 km environ à l'est de Tripoli.

Ras Lanouf, centre pétrolier stratégique, était calme et entièrement contrôlée par les rebelles samedi. Des médecins ont fait état de 26 morts dans les combats de vendredi autour du port et dans l'attaque d'un dépôt d'armes de la ville orientale de Benghazi, d'où est parti le soulèvement libyen mi-février.

La bataille pour Syrte risque d'être féroce, la ville revêtant une importance psychologique particulière. Non seulement Kadhafi y est né mais il en a fait une sorte de seconde capitale à l'image de son extravagance personnelle.

"Si (les rebelles de) Benghazi parviennent à atteindre le golfe de Syrte (...) ils auront une bonne chance d'assurer leur indépendance (...) voire même de le renverser (Kadhafi)", estime Peter Zeihan, analyste auprès du groupe de réflexion Stratfor.

A Ben Djaouad, des rebelles ont diffusé par haut-parleur l'hymne national monarchiste d'avant le règne de Kadhafi. Des avions et un hélicoptère du gouvernement ont survolé la localité sans ouvrir le feu, bien que les insurgés aient fait intervenir des batteries antiaériennes contre l'hélicoptère.

Des soldats dissidents tenaient un poste de contrôle à l'entrée de Ras Lanouf. Ils ont dit que l'agglomération était sous le contrôle de l'insurrection. La veille, des hélicoptères avaient attaqué des positions rebelles autour de la ville.

Samedi, les insurgés ont dit avoir abattu un avion de chasse dans la région, sans fournir de précisions. L'armée de l'air libyenne dispose en théorie de 227 chasseurs, mais des experts estiment qu'un certain nombre ne sont pas en état de voler.

Les dirigeants occidentaux réclament le départ de Kadhafi et réfléchissent à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Avec Michael Georgy à Tripoli et Alexander Dziadosz à Ajdabiah; Bertrand Boucey et Philippe Bas-Rabérin pour le service français