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Les "chemises rouges" acceptent une médiation du Sénat à Bangkok

Manifestants antigouvernementaux, lundi à Bangkok. Nattawut Saikua, chef de file des "chemises rouges" qui réclament le départ du Premier ministre thaïlandais et la convocation d'élections anticipées, a annoncé mardi être d'accord pour l'ouverture de négo

Manifestants antigouvernementaux, lundi à Bangkok. Nattawut Saikua, chef de file des "chemises rouges" qui réclament le départ du Premier ministre thaïlandais et la convocation d'élections anticipées, a annoncé mardi être d'accord pour l'ouverture de négo - -

BANGKOK - Un chef de file des "chemises rouges", qui réclament le départ du Premier ministre thaïlandais et la convocation d'élections anticipées,...

par Ambika Ahuja et Fayaz Kabli

BANGKOK (Reuters) - Les "chemises rouges", qui réclament le départ du Premier ministre thaïlandais et la convocation d'élections anticipées, ont accepté mardi d'entamer des négociations sous l'égide du Sénat.

"Nous avons accepté de participer à une nouvelle série de discussions proposées par le Sénat parce que, si nous laissons les choses continuer ainsi, nous ne savons pas combien d'autres vies seront perdues", a dit Nattawut Saikua, l'un de leurs représentants, lors d'une conférence de presse dans le camp retranché des opposants au gouvernement.

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva "a été informé mais n'a pas pris de décision sur le sujet", a répondu son porte-parole, Panitan Wattanayagorn.

Au moins 38 personnes sont mortes dans les affrontements qui ont éclaté le 13 mai et 67 ont été tuées depuis le début du mouvement en avril.

Les négociations seraient menées sous l'égide de 64 sénateurs qui proposent de jouer les médiateurs pour obtenir un cessez-le-feu immédiat.

L'armée thaïlandaise maintenait mardi un cordon de sécurité autour des positions occupées par les manifestants antigouvernementaux dans le centre de Bangkok après une nuit de violences sporadiques dans d'autres quartiers de la capitale.

NOUVEAUX AFFRONTEMENTS

Environ 5.000 "chemises rouges" restent retranchées dans leurs campements improvisés qui s'étendent sur trois kilomètres carrés dans le principal quartier commerçant de la ville.

De petits groupes ont affronté les forces de l'ordre à coup de cocktails molotov et de jets de pierres sur l'avenue Rama IV, qui mène au quartier des affaires. Des barricades de pneus enflammés ont par ailleurs été dressées à Din Daeng, secteur où de violents affrontements ont eu lieu ce week-end.

Les autorités avaient donné aux manifestants jusqu'à 15h00 (08h00 GMT) lundi pour évacuer les lieux qu'ils occupent depuis le 3 avril, mais aucune intervention n'a été ordonnée à l'expiration du délai.

Plusieurs centaines de femmes et d'enfants se trouvent dans ce refuge de fortune, ce qui rend une action des forces de l'ordre particulièrement délicate.

Un porte-parole de l'armée a accusé des manifestants de se comporter comme des "terroristes" qui fomentent des troubles et tuent au hasard.

"Il y a des groupes de terroristes qui tentent de provoquer des incidents en blessant et en tuant des gens. Leurs cibles sont des personnes innocentes dans les rassemblements, des secouristes, des journalistes", a dit Sansern Kaewkamnerd.

Un de ces incidents s'est produit lundi, au nord de la zone de campement, sur le site d'un immeuble en construction.

"Un groupe de tireurs embusqués, habillés comme des soldats, s'est caché dans les étages 24 à 27 visant les gens au hasard, et ensuite, on accuse les soldats", a-t-il déclaré dans une intervention à la télévision.

Avec Khettiya Jittapong et Nopporn Wong-Anan; Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français