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Les bébés allaités plus riches et plus intelligents: le tweet de l'Unicef soulève un tollé

Après un message sur Twitter faisant la promotion de l'allaitement, l'Unicef a déclenché une polémique. Accusé de culpabiliser les femmes qui font le choix de donner le biberon, le Fonds des Nations unies pour l'enfance assure qu'un bébé allaité sera plus riche et plus intelligent.

"L'allaitement stimule la santé d'un enfant, son QI, ses performances scolaires et son revenu à l'âge adulte". La section française de l'Unicef à New York a posté lundi soir sur son compte Twitter ce message, accompagné de la photo d'une mère allaitant son enfant, tous deux enlacés dans les bras du père.

L'allaitement, un choix

A l'occasion de la semaine mondiale de l'allaitement maternel organisée du 1er au 7 août par l'Organisation mondiale de la santé, l'Unicef en fait la promotion. L'organisme des Nations unies a publié un rapport montrant que "77 millions de nouveau-nés - un sur deux - ne sont pas mis au sein dans la première heure de leur vie, ce qui les prive des nutriments indispensables, des anticorps et du contact physique avec leur mère qui les protègent des maladies et de la mort". 

Si les bienfaits de l'allaitement sur la santé des bébés ne sont plus à prouver, ce message a été brouillé par un post maladroit.

Sans surprise, la publication a suscité un torrent de réactions indignées sur le réseau social de micro-blogging. De nombreux internautes, comme l'ancienne porte-parole d'Osez le féminisme et actuelle présidente de la Fondation des femmes, ont dénoncé un message culpabilisant pour les mères qui ne pourraient ou ne voudraient pas allaiter. Anne-Cécile Mailfert a rappelé que c'était avant tout l'affaire des mères.

Même Laurence Rossignol a discrètement réagi. La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes a retweeté la publication d'une féministe, qui rappelle que "le choix de l'allaitement reste du ressort des femmes".

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Certains utilisateurs du réseau social estiment par ailleurs que l'Unicef risque par ce message d'inciter les hommes à faire pression sur les mères qui n'allaiteraient pas. Ils jugent que cette nouvelle injonction faite aux femmes ne sert pas les libertés de choix et de vie des femmes.

D'autres ont choisi l'humour pour dénoncer le message de l'Unicef, promettant réussite et haut revenu pour un enfant qui aurait été allaité, et faisant fi des inégalités et discriminations culturelles entre les sexes.

Après cette avalanche de commentaires, l'Unicef a quelque peu nuancé son propos. Mais là encore, un twittos a noté une certaine maladresse.

"Ce n'est pas du tout notre message"

Contacté par BFMTV.com, Christophe Boulierac, le porte-parole de l'organisme à Genève, a assuré que l'agence de l'ONU n'a jamais voulu faire culpabiliser les mères.

"Ce n'est pas du tout notre message. Le problème est venu d'un tweet qui doit être recontextualisé. Envoyé de New York, il ne mentionne pas l'étude publiée dans The Lancet ni le pays où elle a eu lieu, le Brésil. Mais c'est un peu la logique d'un tweet en 140 caractères."

"Pas question de dire aux mères ce qu'elles doivent faire"

L'étude, publiée en 2015 dans cette revue médicale britannique, soutenait qu'un allaitement contribue à une intelligence accrue, une scolarité plus longue et donc de meilleurs revenus à l'âge adulte. Selon lui, le message de l'Unicef a été mal compris. 

"L'allaitement a des bienfaits, il peut sauver des vies surtout dans les pays en situation d'urgence, mais il n'est pas question de dire aux mères ce qu'elles doivent faire. Il doit être un libre choix de toutes les femmes. Et pour permettre ce libre choix, il faut de l'information. Mais il est hors de notre volonté de donner des ordres. La culpabilisation et l'injonction sont contre-productives."

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois Journaliste BFMTV